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dimanche 9 juin 2013

un speculoos en travers de la gorge

Le titre de ce blog n'aura jamais aussi bien porté son nom avec cette affaire "pâtissière". L'usage des guillemets s'impose puisqu'il s'agit de gâteaux secs, fabriqués de manière industrielle - d'aucuns diront "artisanale" mais moi, dès qu'une machine entre en jeu à la place des mains de l'artisan, je considère qu'il s'agit d'une industrie (agro-alimentaire) -, vendus dans, notamment, un supermarché Carrefour où les photos (qui vont suivre) ont été faites.
Je remarque, dans le rayon gâteaux secs dudit Carrefour, des éclats de Gavottes. Je me pose déjà cette question : à quoi ça sert ? Ensuite, si utilisation il y a, qu'est-ce qui m'empêche d'écraser moi-même des Gavottes avec un rouleau à pâtisserie ? La réponse, probablement, vient du fait que le fabricant des Gavottes a, lors de la fabrication par des machines, des déchets après cuisson des crêpes dentelle. Voulant rentabiliser au mieux sa production, monsieur (ou madame) Gavotte a eu la sublime idée de collecter ces déchets de crêpes et de les vendre dans un "packaging" spécial, un bocal plastique de 150 grammes.

Des paillettes de Gavottes : pour quoi faire ?
Et puis, tant qu'à faire, afin de rentabiliser encore plus les déchets, de les vendre plus cher (au kilo) que les Gavottes entières, qui coûtent 16,32 €/kg. Les déchets, eux, sont vendus 19 €/kg, soient 2,68 € de plus. Cette différence de prix s'explique, peut-être, par l'investissement qu'il a fallu faire, pour récolter les déchets de crêpes dentelle cuites, un surcoût du "packaging" par rapport à la boîte normale de Gavottes entières (quoique j'en doute, chaque Gavotte étant, normalement, emballée individuellement), etc.
Visuellement, cependant, le consommateur peut être averti : le prix des paillettes (2,85 €) est plus élevé que celui des crêpes (2,04 €), ce qui l'incitera, j'espère, à y regarder de plus près.
Du speculoos à toutes les sauces
2,68 €/kg supplémentaires pour des crêpes dentelle écrasées, vous trouvez ça cher, vous hurlez à l'abus ? Attendez de voir comment, avec son label à la con "goût de l'année" (alors qu'il suffit de rajouter de la cassonade et de la cannelle en poudre pour faire la blague), le speculoos vous la met bien profond !
Depuis plus d'un an maintenant, les rayons des grandes surfaces sont remplis de produits alimentaires au speculoos : cigarettes russes et DéliChoc de chez Delacre, glace Häagen-Dasz, l'Onctueux de Rians, pâte à tartiner Lotus, flan entremets Alsa, compote de pommes Charles & Alice, Galak de Nestlé, etc. Bientôt, vous allez voir qu'on va nous conseiller de manger le foie gras entier sur un speculoos !
Et puis, il y a le crumble, tellement meilleur avec des speculoos émiettés. Et il faut bien avouer que c'est dur d'écraser des speculoos au rouleau à pâtisserie, ça prend du temps, la ménagère a tellement autre chose à faire en seulement vingt-quatre heures dans une journée...
C'est probablement pour ça que la marque Lotus - désormais plus connue pour ses speculoos que pour le papier toilettes ou ses voitures de sport (comment cela, le PQ et les bagnoles, c'est pas eux !?) - a pensé à vous dans cette trépidante vie moderne et propose de tellement pratiques éclats de spéculoos. Rien à voir avec les déchets dont je parlais précédemment pour les Gavottes, non, non.

Lotus vous écrase ses speculoos pour 8,96 €/kg de plus : elle est pas belle la vie ?
Ces éclats de spéculoos, conditionnés dans un bocal plastique (150 g aussi) comparable à celui des paillettes de Gavottes, sont vendus 13,20 €/kg. Tandis que les speculoos format familial, entiers, sous emballage plastique se négocient à... 4,24 €/kg. Non, non, vous ne rêvez pas : quasiment 9 €/kg de plus pour des speculoos écrasés. Le fin du fin étant de mettre côte-à-côte les deux produits : les éclats, c'est (presque) 1 € moins cher que les entiers alors on va prendre des éclats, ça sera toujours ça de moins à faire pour le crumble...
Vous le sentez bien, mon gros speculoos ?

vendredi 5 avril 2013

nouveau scandale alimentaire chez Ikea

J'évoquais, ici et pour une raison autre, les péripéties alimentaires (boulettes au bourrin, tarte au caca) du géant suédois du meuble en kit prêt à brûler.
Aujourd'hui, en relançant et vantant ses nouvelles boulettes, Ikea en fait une grosse.
En effet, selon la publicité ci-dessous qui n'a subi aucune autre manipulation que le surlignage en vert de deux mots, les boulettes de "bouf" contiennent des "oufs".

Elles ne sont plus au cheval, leur boulettes, mais à la vache folle !
Encore une campagne de pub Ikea qui est un coup d'épée dans le "o".

mardi 17 avril 2012

culte de la personnalisation

Je me suis fendu, le 15 mars, d'une petite bafouille expédiée au candidat Nicolas Sarkozy par le biais du formulaire de contact de son site Internet.
J'ai reçu, aujourd'hui, la réponse... personnalisée, dans ma boîte mail, que je vous livre telle quelle (la réponse, pas la boîte, abruti !) :
Cher Monsieur,
Vous avez bien voulu faire part à Monsieur Nicolas SARKOZY de vosobservaions concernant le projet qu'il porte pour la France.
Veuillez trouver ci-joint la réponse de Nicolas SARKOZY au courriel que vous avez bien voulu lui adresser.
Bien cordialement,
L’équipe de campagne de Nicolas SARKOZY
Cet e-mail - avec l'étrange mot "vosobservaions" - était accompagné d'une lettre (.doc)... personnalisée et signée de la main-même de notre Président-candidat...


... et du programme du candidat Sarkozy en pdf (que vous trouverez bien par vous même si l'envie de le lire vous prend).

Moi, je voulais juste savoir comment payer moins cher mon carburant, pas lire tout un tas de trucs insipides. Et puis, de toute façon, je veux juste qu'il dégage (!) et ça, ce n'est pas dans son programme ni dans ses intentions, visiblement.

jeudi 15 mars 2012

38 centimes

Monsieur le président de la République française et candidat à sa réélection,

J'ai bien suivi vos conseils de faire jouer la concurrence entre les distributeurs de carburants.

Je suis allé chez Monsieur Carrefour Market où le litre de gasoil était affiché à 1,379 euro ; je lui ai dit : "Chez Total, à 23,5 km d'ici, le litre est à 1,313. Si vous ne me faites pas un meilleur prix, je vais faire mon plein là-bas !
- Faites donc, cher monsieur", m'a répondu monsieur Carrefour Market.

J'ai donc mis ma menace à exécution : les 60 litres de gasoil m'ont coûté 78,78 euros. Mais pour faire ce plein, j'ai fait 47 kilomètres (environ).
Or, l'ordinateur de bord de mon véhicule, sur ce trajet, m'a pondu une consommation de 5,8l/100, ce qui m'a fait user 2,726 litres de carburant à 1,313 = 3,58 euros à la louche.
Si j'avais fait le plein chez monsieur Carrefour Market, j'aurais payé 60 x 1,379 = 82,74 euros.

Grâce à vos judicieux conseils, Monsieur le Président, j'ai donc réalisé une notable économie de 82,74 - 78,78 - 3,58 = 38 centimes !

Reste que côté temps (environ 50 minutes de route pour aller faire le plein), je n'arrive toujours pas à chiffrer si ces 38 centimes économisés valaient vraiment le coup...

mercredi 7 mars 2012

viandards

Coupe d'étourdisseur
Matador (document D.R.).
La vraie question n'est pas de savoir si la viande dans votre assiette est halal, casher ou fan - de son vivant - des Garçons Bouchers (mais moins fan après, forcément).
Les deux seules vraies et tolérables interrogations sont :
- cette viande est-elle bonne ?
- combien me coûte cette viande (et, sous-jacent, ai-je les moyens de m'en payer) ?
Qu'importe, en effet, que l'animal soit étourdi ou pas avant la mise à mort s'il a été nourri, lors de sa courte vie, avec de la merde - littéralement : aux Etats-Unis, il n'y a pas un poil d'herbe dans certains immenses parcs à bestiaux d'élevages intensifs de bovins et après, on s'étonne que des bactéries merdiques se retrouvent dans le steak, tueur de p'tits enfants (cf. film Food, Inc.).

A ce stade, permettez-moi un aparté, en forme d'anecdote vécue.
La scène se passe dans un bloc sanitaire d'un camping vauclusien, à l'heure où les grands mâles s'ôtent la mousse sur les joues à coups précis de double lames (minimum).
Le facho : "Vous avez vu ce qu'ils font aux bêtes les halals (comprendre : les arabes, tous des musulmans terroristes qui piquent le boulot des Français ou vivent sur les allocs, NDR) ? Moi, j'viens d'Grenoble, alors..."
Moi : "Non, je ne vois pas de quoi vous parlez."
Lui : "Mais si ! Allez sur Internet et vous verrez la vidéo."
Moi : "Vous savez, s'il fallait croire tout ce qu'on voit ou lit sur Internet. L'information, ça se vérifie avant de la prendre pour argent comptant."
Lui : "Oui mais quand même, c'est dégueulasse ce qu'ils font à ces pauvres bêtes, les halals..."
Moi, me hâtant de me raser - mes joues se rougissant plus de colère que d'irritation de la lame - pour me casser de cette ambiance puante avant de lui mettre ma main sur la gueule : "Moi, j'en mange de la viande halal."
Lui, interloqué : "..." Puis suspicieux : "Vous mangez de la viande halal ! Mais pourquoi ?"
Moi : "Parce que c'est moins cher. Et que, vu la crise et ma situation financière, si je veux encore manger de la viande, je préfère la payer deux fois moins chère (prix constatés, à l'époque, sur les côtes d'agneau et les merguez, entre mon boucher halal et l'hypermarché voisin, NDR). Sans compter qu'elle est abattue près de chez moi, dans de bonnes conditions d'hygiène et que côté traçabilité, c'est nickel."
Rideau !
J'aurais pu me lancer dans l'évocation de l'abattage traditionnel bien français, celui où les bovins et équins sentent la mort proche - ça se voit dans leurs yeux affolés - juste avant le coup de Matador (étourdisseur), celui où on pousse les porcs dans la chambre à gaz à coups de bâton-pile 250 volts dans le cul, celui où les moutons suivent une chèvre au carreau d'abattage comme les électeurs du FN suivent la voix de leur maîtresse et de leur haine partagée...

Faux débat donc que cette viande confessionnelle : je ne suis pas le seul non-musulman à acheter des grillades halal à l'époque estivale des barbecues. Et ce pour une question de prix... et de qualité !
Donc, politicards-viandards, ramenez donc le débat sur de meilleurs chemins, ceux des vraies préoccupations de votre base électorale : les sous et la (bonne) bouffe, se mettre les pieds sous la table, sous un toit chauffé, avec la satisfaction d'un travail accompli et rémunéré à sa juste valeur.
Et pour celles et ceux qui ont encore peur de manger de la viande pas bien d'chez nous, celles et ceux qui prétendent que la viande halal n'a pas le même goût parce qu'elle est saignée vivante, achetez du porc ! En plus, même chez votre boucher traditionnel et dans les rayons de votre hypermarché suceur de porte-monnaie, c'est moins cher que le bovin ou l'ovin ; et ça fait vivre les Bretons et les Auvergnats et les Corses.
Quant à mes ami(e)s végétarien(ne)s - et j'en connais de plus en plus -, j'imagine qu'elles et ils votent aussi et s'en foutent royalement de cette polémique de viandards.

dimanche 26 février 2012

vache maigre

Entendu de la bouche d'un éleveur de charolaises, à l'instant, sur France Inter, dans l'émission On va déguster, en direct du Salon de l'agriculture :
« Aujourd'hui, les consommateurs
veulent de la viande plus maigre [...] »
Arrêtez de prendre les consommateurs pour alibi ! Manger de la viande grasse n'a jamais fait de mal à quiconque du moment qu'on n'en abuse pas - c'est comme tout. Seulement, si on achète un petit morceau de viande grasse, le marchand, il fait la gueule ; alors il préfère te vendre un gros morceau de chère chair maigre et invente un truc sanitaire pour prendre le consommateur en otage.
Donc toi, l'éleveur, en refilant à tes bovins des céréales plutôt que les faire paître peinards dans un pré à l'herbe verte et grasse, tu ne fais pas bien ton boulot et participes à la prise consumériste d'otages.
Et après, tu viens pleurer que la bidoche qu'on t'achète sur pied 17 centimes est refourguée morte à 2,50 euros... Traite bien tes bêtes et bats-toi contre les grandes enseignes de distribution ; fais de la vente directe : il y en a qui en vivent, bien. Et qui dorment bien la nuit, la conscience tranquille.