Franchement, je ne comprends pas ce remaniement ministériel : Manuel Valls, Premier ministre, fait entrer deux nouvelles têtes (dont cette bonne vieille Ségolène Royal, à la barbe des écologistes, évincés de Valls 1, grâce, notamment, à cette saloperie d'arriviste de Cécile Duflot), opère un léger jeu de chaises musicales, conserve "l'ennemie" Christiane Taubira comme garde des Sceaux - et si c'est là le fait du prince Hollande, je lui en rends grâce, la Guyanaise étant une femme courageuse, droite (malgré le petit quiproquo sur les écoutes de Sarkozy) et populaire.
Non, je ne le comprends pas. J'y vois là un ajustement, avec, tout de même, deux autres enseignements majeurs.
Stéphane Le Foll, proche de Hollande, conserve son maroquin à l'Agriculture et devient porte-parole du Gouvernement. C'est un bel homme, posé, qui plaît même à ma mère, qui est pourtant de droite.
En revanche, ma mère ne supportait pas Najet Vallaud-Belkacem, « hautaine et agressive » (c'est sûr que, désormais, la communication gouvernementale risque d'être plus lisse, NDR). Elle aussi - belle au demeurant - conserve son ministère des Droits de la femme. Avec adjonction de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.
Euh... Vous pouvez m'expliquer le rapport ? Ou alors ce nouveau grand ministère est un fourre-tout des trucs dont on n'a rien à foutre ? Certes, supputons qu'il y aura de nombreux ministres délégués et secrétaires d'Etat pour délayer le fourbi. La concomitance Ville et J&S, OK, pourquoi pas. Mais femme-Ville et femme-J&S, franchement, là, je suis dans le brouillard.
Finalement, cet ajustement gouvernemental aura probablement pour conséquence les boulets rouges que vont s'empresser de balancer Copé et consorts. On entend déjà le baigneur de la piscine de Takieddine balancer que « François Hollande n'a pas entendu les Français, qui se sont exprimés dans les urnes des municipales et demandaient davantage de changements ».
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mercredi 2 avril 2014
mardi 1 avril 2014
Mon voisin, le pauvre...
Comme par hasard, au lendemain de l'indéniable percée du Front national aux élections municipales, circule de nouveau, sur les réseaux sociaux, ce document mensonger (capture d'écran ci-dessous), une incitation, de fait, à la haine, à la xénophobie rageuse.
Tout cela n'est que pure propagande et il est aisé de comprendre d'où ce malfaisant comparatif provient. Et de démolir cette argumentation comme l'a si bien fait Gégé de Radiossa, relayé par HornedGod, ici.
Et puis, allons, un peu de bon sens : comment pouvez-vous croire un seul instant que quelqu'un qui n'a pas de travail touche plus d'argent que quelqu'un qui bosse ?
Et c'est là qu'intervient mon voisin.
Pas mon voisin retraité, qui possède sa maison mais est obligé de vendre du bois et de faire des petits boulots pour arrondir ses fins de mois.
Pas mes voisins qui, avec leur encore trois mômes, cinq chiens, deux chats et autres perruches, vivent dans un des trois pavillons HLM de mon bled - lui étant chauffeur-livreur et elle, chômeuse, fabriquant de petits meubles très laids dans un abri de jardin.
Non.
Ceux dont je veux vous parler, c'est ce couple qui vit maritalement. Lui est au chômage. Elle, cinq jours sur sept - et, parfois, le samedi -, fait les 3x8 pour un SMIC mensuel, à une demi-heure de route de leur maison en location.
A l'origine, ils avaient tous les deux un boulot de smicard et se sont installés dans mon bled parce que ça les mettait, chacun, à peu près à mi-distance de leurs lieux de travail respectifs.
Puis, par la faute de la crise (elle a bon dos, NDR), il a perdu son emploi. Indemnisé par les Assedic puis Pôle-emploi pendant deux ans, cela fait maintenant presque trois ans qu'il ne touche plus rien et ne trouve pas davantage de boulot. En plus, il a des problèmes de santé et est proche de la cinquantaine : ça noircit un peu plus le tableau.
De toute façon, mon voisin, à part l'allocation logement, il n'a droit à rien. Parce que sa concubine travaille et gagne le SMIC.
Alors, le remaniement ministériel, la nomination de Valls, la défaite cuisante des socialistes aux municipales, la poussée du FN, tout ça, ça lui passe un peu au-dessus de la tête. De toute façon, on vit dans un bled, alors la politique, vous savez : ici, on vote pour des gens qu'on connaît, qu'on aime bien, qu'on sait compétents pour diriger la commune. Et de toute façon, mon voisin, il n'a pas été voter : ça aurait servi à quoi ? Le résultat aurait été le même.
Bon, après, s'il ne vote pas, il ferme sa gueule, va objecter l'artisan du bout de la rue. C'est ce qu'il fait. A peine se plaint-il qu'on va encore augmenter le prix du gaz de 7,5% d'ici 2016 au nom de la taxe carbone (c'est pas grave, il mangera froid, NDR). Sinon, il ne demande rien à personne.
C'est moi qui suis allé lui demander un truc.
Et il a bien voulu que j'établisse le tableau de son cas particulier (ci-dessous, cliquez dessus pour mieux ne pas en croire vos yeux) avec les chiffres qu'il pouvait me fournir.
Voilà. Moi, je me demande bien comment on peut vivre avec, à la louche, 150 euros par mois. Lui, non. Il survit, continue au quotidien à chercher du boulot et espère. Rien qu'un SMIC de plus à la maison et ce serait le bonheur. Forcément, quand on a rien...
Tout cela n'est que pure propagande et il est aisé de comprendre d'où ce malfaisant comparatif provient. Et de démolir cette argumentation comme l'a si bien fait Gégé de Radiossa, relayé par HornedGod, ici.
Et puis, allons, un peu de bon sens : comment pouvez-vous croire un seul instant que quelqu'un qui n'a pas de travail touche plus d'argent que quelqu'un qui bosse ?
Et c'est là qu'intervient mon voisin.
Pas mon voisin retraité, qui possède sa maison mais est obligé de vendre du bois et de faire des petits boulots pour arrondir ses fins de mois.
Pas mes voisins qui, avec leur encore trois mômes, cinq chiens, deux chats et autres perruches, vivent dans un des trois pavillons HLM de mon bled - lui étant chauffeur-livreur et elle, chômeuse, fabriquant de petits meubles très laids dans un abri de jardin.
Non.
Ceux dont je veux vous parler, c'est ce couple qui vit maritalement. Lui est au chômage. Elle, cinq jours sur sept - et, parfois, le samedi -, fait les 3x8 pour un SMIC mensuel, à une demi-heure de route de leur maison en location.
A l'origine, ils avaient tous les deux un boulot de smicard et se sont installés dans mon bled parce que ça les mettait, chacun, à peu près à mi-distance de leurs lieux de travail respectifs.
Puis, par la faute de la crise (elle a bon dos, NDR), il a perdu son emploi. Indemnisé par les Assedic puis Pôle-emploi pendant deux ans, cela fait maintenant presque trois ans qu'il ne touche plus rien et ne trouve pas davantage de boulot. En plus, il a des problèmes de santé et est proche de la cinquantaine : ça noircit un peu plus le tableau.
Mon voisin, lui, ce que gagnent les autres, il s'en fout. Il n'est pas du genre envieux. Il veut juste de quoi vivre, mettre un toit au-dessus de sa tête, manger, de temps en temps se faire des merguez au barbecue l'été et avoir chaud l'hiver... Et il sait bien que ce n'est pas en critiquant un autre pauvre que ça l'enrichira. Et puis, il refuse d'être assisté parce qu'après, l'artisan du bout de la rue le traiterait de fainéant qui profite du système et ça, mon voisin, il ne le supporterait pas : il a sa dignité.155,41 euros/mois pour "vivre"
De toute façon, mon voisin, à part l'allocation logement, il n'a droit à rien. Parce que sa concubine travaille et gagne le SMIC.
Alors, le remaniement ministériel, la nomination de Valls, la défaite cuisante des socialistes aux municipales, la poussée du FN, tout ça, ça lui passe un peu au-dessus de la tête. De toute façon, on vit dans un bled, alors la politique, vous savez : ici, on vote pour des gens qu'on connaît, qu'on aime bien, qu'on sait compétents pour diriger la commune. Et de toute façon, mon voisin, il n'a pas été voter : ça aurait servi à quoi ? Le résultat aurait été le même.
Bon, après, s'il ne vote pas, il ferme sa gueule, va objecter l'artisan du bout de la rue. C'est ce qu'il fait. A peine se plaint-il qu'on va encore augmenter le prix du gaz de 7,5% d'ici 2016 au nom de la taxe carbone (c'est pas grave, il mangera froid, NDR). Sinon, il ne demande rien à personne.
C'est moi qui suis allé lui demander un truc.
Et il a bien voulu que j'établisse le tableau de son cas particulier (ci-dessous, cliquez dessus pour mieux ne pas en croire vos yeux) avec les chiffres qu'il pouvait me fournir.
Voilà. Moi, je me demande bien comment on peut vivre avec, à la louche, 150 euros par mois. Lui, non. Il survit, continue au quotidien à chercher du boulot et espère. Rien qu'un SMIC de plus à la maison et ce serait le bonheur. Forcément, quand on a rien...
mercredi 26 mars 2014
Municipales 2014 : les vraies questions
Certes, ne le nions pas, cet entre-deux tours des municipales 2014 est largement dominé par le score du Front national et autres mouvances d'extrême droite (la Ligue du Sud de Jacques Bompard, par exemple) établi dimanche 23 mars. Lundi, la France s'est réveillée, révélée, découverte bleue tirant sur le marine.
A côté de ce nouveau 21 avril 2002, la bataille de Paris fait bien pâle figure et semble n'intéresser que les Parisiens.
Autre enseignement de ce scrutin : l'abstention - avec cette particularité que, selon des analystes très pointus, même le Front national n'a pas fait le plein de ses voix ! Inouï.
Au final, ce premier tour a été un cinglant désaveu pour le gouvernement (qui porte encore l'étiquette de) écolo-socialiste de François Hollande.
Mais j'ai beau zapper, zapper et rezapper sur les chaînes de télévision, les radios, etc., je n'ai pas encore trouvé une once de réponse à trois questions qui s'imposent après ce premier tour de scrutin municipal.
En matière de gouvernement, à quoi sert un tel jeu de chaises musicales ? Si le ministre était mauvais à son poste, il fallait le dégager avant ! Et qu'est-ce qui me dit qu'il sera meilleur dans un autre ministère ? Et qu'est-ce qui me prouve que le nouveau sera plus compétent ? En définitive, les mêmes têtes, ailleurs, et d'anciennes têtes de retour.
Si ce gouvernement supposé de gauche n'a pas le courage politique de mener une réforme profonde de notre société, nous mettre Untel Premier ministre à la place de Telautre et redistribuer les maroquins est totalement vain. Un cautère sur une jambe de bois.
Perdu pour perdu, au lieu d'attendre la prochaine échéance présidentielle ou législative en serrant les genoux, autant mener une politique ambitieuse, nous foutre dans la merde profondément pour nous en sortir lentement (j'imagine) mais nous relever durablement. Prendre des mesures à long terme, en les expliquant bien : peut-être que les électeurs ne sont pas si cons que cela et laisseront le temps au temps, au lieu de survivre avec des mesurettes que l'on sait périssables.
Quand j'étais môme, à l'école, en matière d'économie, on apprenait qu'il y avait trois secteurs : le primaire - l'agriculture qui nourrit un pays -, le secondaire - l'industrie qui fabrique des produits manufacturés et permet aux ouvriers de vivre (certes, parfois chichement) de leur salaire - et le tertiaire - les services, les administrations, le putain de télémarketing qui fait chier sa race.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? En simplifiant...
L'agriculture : les paysans produisent à perte mais survivent grâce aux subventions européennes (je schématise). Pendant ce temps-là, qui s'en fout plein les fouilles en profitant du travail harassant des paysans et du fric européen ? Les grandes surfaces dont le seul but est de faire du chiffre.
L'industrie : pas assez rentable en France, on délocalise là où les ouvriers sont moins payés et ferment leurs gueules (quoique, en Asie, ça commence à ruer dans les brancards). Le but ? Faire du chiffre pour rémunérer les actionnaires. L'investissement ? Euh... Mais où avez-vous vu qu'un pays, où les chômeurs sans le sou ne peuvent se payer les produits qu'ils fabriquaient jadis mais qui sont faits ailleurs désormais, est viable économiquement ? La suprême ironie étant que, dans les pays où les industries délocalisent, les ouvriers n'ont pas les moyens de se payer ce qu'ils fabriquent !
Les services : on a l'impression qu'il n'y a plus que ça en France - quoique ça délocalise aussi sévère dans le tertiaire privé. Moi, à l'école, j'ai appris qu'un pays qui "vivait" principalement du tertiaire, ça s'appelait un pays sous-développé - on dit "émergent", maintenant, ça fait moins pauvre.
Bref, tout cela entraîne un appauvrissement des populations, des flux migratoires, de la xénophobie dans les pays vers lesquels se dirigent ces flux, la montée du racisme et des partis nationalistes.
Le maître-mot est de remettre tout dans des proportions acceptables : autoriser des profits raisonnables, inciter à l'investissement sur le territoire national, réindustrialiser la France, permettre in fine au Smicard de se payer, parfois, du rêve et, chaque année, des vacances bien méritées. Le tout en ne tuant pas notre planète.
Putain, ça fait du boulot ! Mais j'ai jamais dit que ce serait facile.
Sachant que, en moyenne, dans les communes rurales, 40% des conseillers municipaux ne sont pas repartis et, qu'en plus, dans celles qui dépassaient à peine le seuil des 1000, il fallait, au minimum, huit hommes et sept femmes, je ne vous dis pas le casse-tête. Nombre d'électeurs n'avaient le choix qu'entre une liste et... rien. Et comme la loi électorale stipule qu'il suffit, dans ce type de commune, d'un seul et unique suffrage exprimé pour valider l'élection municipale, le grand rendez-vous civique a tourné au référendum local.
Le choix était donc réduit à : 1. s'abstenir 2. voter pour l'unique liste 3. voter non-exprimé (nul, blanc, enveloppe vide).
Au décompte final, seuls les bulletins exprimés comptent et on a vu tomber comme à Gravelotte, dimanche soir, des scores à 100%. Mieux que le référendum en Crimée (seulement 96,6%) !
Vous trouvez ça très démocratique, vous ?
Vous ne pensez pas que ça favorise l'abstention, vous, ce genre de non-choix ?
Il faudrait revoir la copie de cette nouvelle loi électorale. A minima, passer la barre des 1000 à 2500.
Même s'il restera toujours des exceptions, comme cette ville de plus de 10000 habitants dans laquelle une liste ne s'est pas montée faute de femmes. Ou comme ce village de la Marne, de 289 électeurs, non soumis à la parité, dans lequel, sur les trois candidats au premier tour, seuls deux ont été élus ; il faudra, au pire, sept élus de plus et, au mieux, neuf, au second tour, pour constituer un conseil municipal, sachant que ça ne se bouscule pas au portillon des candidatures.
On désigne, vous êtes sûrs ? En fait, de nouveau un référendum : dans les communes de plus de 1000 habitants, avec scrutin de liste, qui n'ont qu'un représentant au conseil communautaire, le candidat était forcément la tête de liste et futur maire (à moins de coup de théâtre lors de l'élection du maire et des adjoints, ça s'est déjà produit). C'est donc un candidat imposé ; on donne son aval... ou pas. Et si on raturait le candidat (ou la candidate, plus rarement), tout le bulletin, sur lequel se trouvait aussi la liste pour le conseil municipal, devenait nul (vote non exprimé).
Quelle poudre aux yeux. Nous faire croire qu'on choisit.
Le vrai choix aurait été qu'on puisse voter pour tous les représentants au conseil communautaire, avec des listes politisées ou non, qu'on aurait pu panacher (bon, OK, bonjour le bordel du dépouillement).
Je m'explique.
Prenons le cas d'une communauté de 78 (au hasard) communes dont le conseil est composé de 119 membres (presque au hasard). Au conseil communautaire, quand il s'agit de prendre des décisions, la majorité absolue est donc, algébriquement, de 60.
Il s'avère que la ville principale de cette communauté a 26 sièges. Que sa banlieue, deuxième ville, en a 9. Que d'autres communes, historiquement dans la première communauté, totalisent 20 sièges. Cela nous fait 55 à bouffer au même râtelier depuis quelques années.
Maintenant, que pèsent les treize communes qui ont rejoint récemment cette communauté, avec leurs 13 voix face à l'armada de 55 ? Pas grand chose. Il est plus facile de trouver 5 sympathisants que 47 quand il s'agira de refiler la gestion de l'eau à une entreprise privée, qui quadruplera le prix du mètre cube.
Le vrai choix, pour l'électeur, aurait été de voter pour une liste de conseillers communautaires avec un programme ad-hoc pour les 78 communes.
A côté de ce nouveau 21 avril 2002, la bataille de Paris fait bien pâle figure et semble n'intéresser que les Parisiens.
Autre enseignement de ce scrutin : l'abstention - avec cette particularité que, selon des analystes très pointus, même le Front national n'a pas fait le plein de ses voix ! Inouï.
Au final, ce premier tour a été un cinglant désaveu pour le gouvernement (qui porte encore l'étiquette de) écolo-socialiste de François Hollande.
Mais j'ai beau zapper, zapper et rezapper sur les chaînes de télévision, les radios, etc., je n'ai pas encore trouvé une once de réponse à trois questions qui s'imposent après ce premier tour de scrutin municipal.
Chaque fois que le pouvoir en place perd une élection, on y a le droit. C'est comme les journaux de presse écrite à la rentrée scolaire de septembre : faut tout changer, quitte à paumer le lectorat qui a ses habitudes et perdre des lecteurs qui ne s'y retrouvent plus. On change la forme mais pas le fond : ce sont juste les mêmes infos, rangées autrement.1. Un remaniement ministériel, pour quoi faire ?
En matière de gouvernement, à quoi sert un tel jeu de chaises musicales ? Si le ministre était mauvais à son poste, il fallait le dégager avant ! Et qu'est-ce qui me dit qu'il sera meilleur dans un autre ministère ? Et qu'est-ce qui me prouve que le nouveau sera plus compétent ? En définitive, les mêmes têtes, ailleurs, et d'anciennes têtes de retour.
Si ce gouvernement supposé de gauche n'a pas le courage politique de mener une réforme profonde de notre société, nous mettre Untel Premier ministre à la place de Telautre et redistribuer les maroquins est totalement vain. Un cautère sur une jambe de bois.
Perdu pour perdu, au lieu d'attendre la prochaine échéance présidentielle ou législative en serrant les genoux, autant mener une politique ambitieuse, nous foutre dans la merde profondément pour nous en sortir lentement (j'imagine) mais nous relever durablement. Prendre des mesures à long terme, en les expliquant bien : peut-être que les électeurs ne sont pas si cons que cela et laisseront le temps au temps, au lieu de survivre avec des mesurettes que l'on sait périssables.
Quand j'étais môme, à l'école, en matière d'économie, on apprenait qu'il y avait trois secteurs : le primaire - l'agriculture qui nourrit un pays -, le secondaire - l'industrie qui fabrique des produits manufacturés et permet aux ouvriers de vivre (certes, parfois chichement) de leur salaire - et le tertiaire - les services, les administrations, le putain de télémarketing qui fait chier sa race.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? En simplifiant...
L'agriculture : les paysans produisent à perte mais survivent grâce aux subventions européennes (je schématise). Pendant ce temps-là, qui s'en fout plein les fouilles en profitant du travail harassant des paysans et du fric européen ? Les grandes surfaces dont le seul but est de faire du chiffre.
L'industrie : pas assez rentable en France, on délocalise là où les ouvriers sont moins payés et ferment leurs gueules (quoique, en Asie, ça commence à ruer dans les brancards). Le but ? Faire du chiffre pour rémunérer les actionnaires. L'investissement ? Euh... Mais où avez-vous vu qu'un pays, où les chômeurs sans le sou ne peuvent se payer les produits qu'ils fabriquaient jadis mais qui sont faits ailleurs désormais, est viable économiquement ? La suprême ironie étant que, dans les pays où les industries délocalisent, les ouvriers n'ont pas les moyens de se payer ce qu'ils fabriquent !
Les services : on a l'impression qu'il n'y a plus que ça en France - quoique ça délocalise aussi sévère dans le tertiaire privé. Moi, à l'école, j'ai appris qu'un pays qui "vivait" principalement du tertiaire, ça s'appelait un pays sous-développé - on dit "émergent", maintenant, ça fait moins pauvre.
Bref, tout cela entraîne un appauvrissement des populations, des flux migratoires, de la xénophobie dans les pays vers lesquels se dirigent ces flux, la montée du racisme et des partis nationalistes.
Le maître-mot est de remettre tout dans des proportions acceptables : autoriser des profits raisonnables, inciter à l'investissement sur le territoire national, réindustrialiser la France, permettre in fine au Smicard de se payer, parfois, du rêve et, chaque année, des vacances bien méritées. Le tout en ne tuant pas notre planète.
Putain, ça fait du boulot ! Mais j'ai jamais dit que ce serait facile.
La nouveauté des municipales 2014, c'est la loi électorale, qui imposait aux communes de plus de 1000 habitants un scrutin de liste avec parité homme-femme (pour la parité noir-blanc, homo-hétéro, riche-pauvre, etc. va falloir encore attendre un peu).2. Des listes élues à 100% des suffrages : personne ne tique ?
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| A voté ! (copyright Le Tampographe Sardon) |
Le choix était donc réduit à : 1. s'abstenir 2. voter pour l'unique liste 3. voter non-exprimé (nul, blanc, enveloppe vide).
Au décompte final, seuls les bulletins exprimés comptent et on a vu tomber comme à Gravelotte, dimanche soir, des scores à 100%. Mieux que le référendum en Crimée (seulement 96,6%) !
Vous trouvez ça très démocratique, vous ?
Vous ne pensez pas que ça favorise l'abstention, vous, ce genre de non-choix ?
Il faudrait revoir la copie de cette nouvelle loi électorale. A minima, passer la barre des 1000 à 2500.
Même s'il restera toujours des exceptions, comme cette ville de plus de 10000 habitants dans laquelle une liste ne s'est pas montée faute de femmes. Ou comme ce village de la Marne, de 289 électeurs, non soumis à la parité, dans lequel, sur les trois candidats au premier tour, seuls deux ont été élus ; il faudra, au pire, sept élus de plus et, au mieux, neuf, au second tour, pour constituer un conseil municipal, sachant que ça ne se bouscule pas au portillon des candidatures.
Une autre nouveauté des municipales 2014 était que l'électeur désignait ses représentants au conseil communautaire. Un peu comme aux Etats-Unis d'Amérique où on vous fait un grand paquet, contenant le Président du pays jusqu'au shérif de sa ville.3. Conseillers communautaires : on vote, vous êtes sûrs ?
On désigne, vous êtes sûrs ? En fait, de nouveau un référendum : dans les communes de plus de 1000 habitants, avec scrutin de liste, qui n'ont qu'un représentant au conseil communautaire, le candidat était forcément la tête de liste et futur maire (à moins de coup de théâtre lors de l'élection du maire et des adjoints, ça s'est déjà produit). C'est donc un candidat imposé ; on donne son aval... ou pas. Et si on raturait le candidat (ou la candidate, plus rarement), tout le bulletin, sur lequel se trouvait aussi la liste pour le conseil municipal, devenait nul (vote non exprimé).
Quelle poudre aux yeux. Nous faire croire qu'on choisit.
Le vrai choix aurait été qu'on puisse voter pour tous les représentants au conseil communautaire, avec des listes politisées ou non, qu'on aurait pu panacher (bon, OK, bonjour le bordel du dépouillement).
Je m'explique.
Prenons le cas d'une communauté de 78 (au hasard) communes dont le conseil est composé de 119 membres (presque au hasard). Au conseil communautaire, quand il s'agit de prendre des décisions, la majorité absolue est donc, algébriquement, de 60.
Il s'avère que la ville principale de cette communauté a 26 sièges. Que sa banlieue, deuxième ville, en a 9. Que d'autres communes, historiquement dans la première communauté, totalisent 20 sièges. Cela nous fait 55 à bouffer au même râtelier depuis quelques années.
Maintenant, que pèsent les treize communes qui ont rejoint récemment cette communauté, avec leurs 13 voix face à l'armada de 55 ? Pas grand chose. Il est plus facile de trouver 5 sympathisants que 47 quand il s'agira de refiler la gestion de l'eau à une entreprise privée, qui quadruplera le prix du mètre cube.
Le vrai choix, pour l'électeur, aurait été de voter pour une liste de conseillers communautaires avec un programme ad-hoc pour les 78 communes.
samedi 8 mars 2014
Parité, poil aux nénés !
En cette Journée mondiale de la femme, reprenons la plume virtuelle pour évoquer un sujet d'actualité brulante : la loi sur la parité en politique.
Quelle foutaise !
Déjà, cette parité ne s'applique qu'aux communes de plus de mille habitants : mesdames, si vous voulez être l'égale des hommes, n'allez pas vivre dans un bled paumé.
Ensuite, c'est une parité subjective puisque conçue pour l'imparité : les conseils municipaux se composent, en effet, d'un nombre impair de membres, afin d'éviter les conflits en cas de partage égal des voix lors des votes en séance (sauf que s'il y a autant de votes pour que contre plus un nombre impair d'abstentions, c'est la merde, NDR). Donc, qui dit impair dit un homme - ou une femme mais c'est bien plus rare - de plus sur la liste. Ce qui implique que, en toute logique mathématique, cette parité des sexes n'en est pas une !
Bon, cessons de finasser et passons aux travaux pratiques, avec des informations de sources sûres issues directement du terrain des municipales 2014 - enfin, dans mon département provincial, assez rural mais dont une sous-préfecture est toujours prise comme test national par les instituts de sondages.
Dans mon département, je connais le maire (depuis 1995) d'une commune de sept cents habitants (donc non soumise à la loi sur la parité en politique, NDR), qui n'a pas eu de problème pour composer sa liste en alternant huit femmes et sept hommes. Parce qu'il a eu la volonté, depuis ses débuts comme premier magistrat, de respecter une parité en allant à la pêche aux candidates, en confiant bien souvent les rênes de la commune à sa compétente première adjointe, en privilégiant la représentation de tous ses hameaux dans l'assemblée municipale. Une volonté politique. De bon sens. Cependant, cette commune reste un cas unique dans mon département de résidence.
Car, pour ces municipales 2014, nombre de villages et villes se heurtent à deux écueils : la pénurie de vocations combinée au manque de femmes voulant s'impliquer dans la gestion de la commune.
Rien que pour le premier tour, il manquera des candidats dans dix-sept communes, qu'il faudra trouver pour le 30 mars.
Quant à la parité obligatoire dans les communes de plus de mille habitants, elle a fait des ravages, aussi bien en campagne que dans les agglomérations.
Pour commencer, dans certains conseils municipaux composés d'onze mâles et de quatre femelles (gros maximum trouvé lors des précédentes municipales, NDR), le maire sortant a été obligé de dire "merci à trois d'entre-vous d'avoir levé la main pour voter les décisions pendant six ans mais maintenant, vous dégagez, parce qu'il faut que je trouve trois meufs à votre place et ça va pas être coton !" Résultat des courses : une seule liste en présence dans nombre de communes, la liste concurrente s'étant heurtée au même problème de chercher la femme. Bonjour la démocratie ! Les électeurs réduits à voter pour ou contre, point barre.
Sauf dans cette commune de mille soixante habitants, pas très loin de celle évoquée plus haut où la parité est strictement respectée : le maire - qui est soit un con (et donc ne mérite pas d'être à la tête de la commune, NDR), soit un enfoiré fini - a dit à deux de ses adjoints qu'ils ne le seraient plus car la loi l'obligeait à donner les postes à deux femmes. Au final, un des adjoints ne se représente pas et l'autre accepte cette décision avec rancoeur.
En conclusion, je citerai cette phrase d'un de mes anciens patrons, en l'an 2000 : "L'égalité des sexes sera une réalité quand une femme incompétente occupera un poste ministériel d'importance", affirmait-il, avant d'ajouter, malicieusement : "C'est fait : Guigou est garde des Sceaux."
Depuis, on a eu Roselyne Bachelot, Nadine Morano...
Quelle foutaise !
Déjà, cette parité ne s'applique qu'aux communes de plus de mille habitants : mesdames, si vous voulez être l'égale des hommes, n'allez pas vivre dans un bled paumé.
Ensuite, c'est une parité subjective puisque conçue pour l'imparité : les conseils municipaux se composent, en effet, d'un nombre impair de membres, afin d'éviter les conflits en cas de partage égal des voix lors des votes en séance (sauf que s'il y a autant de votes pour que contre plus un nombre impair d'abstentions, c'est la merde, NDR). Donc, qui dit impair dit un homme - ou une femme mais c'est bien plus rare - de plus sur la liste. Ce qui implique que, en toute logique mathématique, cette parité des sexes n'en est pas une !
Bon, cessons de finasser et passons aux travaux pratiques, avec des informations de sources sûres issues directement du terrain des municipales 2014 - enfin, dans mon département provincial, assez rural mais dont une sous-préfecture est toujours prise comme test national par les instituts de sondages.
Postulat : pourquoi voter une loiSi les femmes voulaient s'impliquer davantage dans la vie politique, elle le ferait. Bon, vous allez me dire : "Les hommes les en empêchent." Cela me semble un raisonnement technocratique tout droit venu des instances de la capitale, déconnectées des réalités de terrain de la France profonde. Mais il y a du vrai. Si on rend cette affirmation plus positive, la transformant en : "Les hommes les y autorisent."
pour obliger à un truc
qui devrait s'imposer de bon sens ?
Dans mon département, je connais le maire (depuis 1995) d'une commune de sept cents habitants (donc non soumise à la loi sur la parité en politique, NDR), qui n'a pas eu de problème pour composer sa liste en alternant huit femmes et sept hommes. Parce qu'il a eu la volonté, depuis ses débuts comme premier magistrat, de respecter une parité en allant à la pêche aux candidates, en confiant bien souvent les rênes de la commune à sa compétente première adjointe, en privilégiant la représentation de tous ses hameaux dans l'assemblée municipale. Une volonté politique. De bon sens. Cependant, cette commune reste un cas unique dans mon département de résidence.
Car, pour ces municipales 2014, nombre de villages et villes se heurtent à deux écueils : la pénurie de vocations combinée au manque de femmes voulant s'impliquer dans la gestion de la commune.
Rien que pour le premier tour, il manquera des candidats dans dix-sept communes, qu'il faudra trouver pour le 30 mars.
Quant à la parité obligatoire dans les communes de plus de mille habitants, elle a fait des ravages, aussi bien en campagne que dans les agglomérations.
Pour commencer, dans certains conseils municipaux composés d'onze mâles et de quatre femelles (gros maximum trouvé lors des précédentes municipales, NDR), le maire sortant a été obligé de dire "merci à trois d'entre-vous d'avoir levé la main pour voter les décisions pendant six ans mais maintenant, vous dégagez, parce qu'il faut que je trouve trois meufs à votre place et ça va pas être coton !" Résultat des courses : une seule liste en présence dans nombre de communes, la liste concurrente s'étant heurtée au même problème de chercher la femme. Bonjour la démocratie ! Les électeurs réduits à voter pour ou contre, point barre.
Parité : pas chez les moins de 1000,Et après ? Au sein du conseil municipal, parité respectée ? Non, pas obligatoire. Ce n'est pas parce que Mmes Machin et Bidule sont deuxième et quatrième de liste qu'elles seront respectivement première et troisième adjointes. Polop, polop. Des bonnes femmes, d'accord mais leur filer des responsabilités avec les indemnités afférentes, faut pas pousser.
pas au sein du conseil municipal
Sauf dans cette commune de mille soixante habitants, pas très loin de celle évoquée plus haut où la parité est strictement respectée : le maire - qui est soit un con (et donc ne mérite pas d'être à la tête de la commune, NDR), soit un enfoiré fini - a dit à deux de ses adjoints qu'ils ne le seraient plus car la loi l'obligeait à donner les postes à deux femmes. Au final, un des adjoints ne se représente pas et l'autre accepte cette décision avec rancoeur.
En conclusion, je citerai cette phrase d'un de mes anciens patrons, en l'an 2000 : "L'égalité des sexes sera une réalité quand une femme incompétente occupera un poste ministériel d'importance", affirmait-il, avant d'ajouter, malicieusement : "C'est fait : Guigou est garde des Sceaux."
Depuis, on a eu Roselyne Bachelot, Nadine Morano...
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