mercredi 19 novembre 2014

vache/taureau à lait

Ces jours-ci, le site Macholand s'indigne contre une campagne sexiste du site Rue du commerce.
Bien au contraire, je trouve cette campagne honnête et assumée. Bon, je n'irai pas jusqu'à écrire "intelligente".
Le but de Rue du commerce est de brasser du fric. Et en la matière, depuis bien longtemps, tous les coups sont permis - y compris l'humour bêtement sexiste, aussi puéril que les blagues sur les blondes ou les Belges ou les juifs, etc. mais qui nous font bien nous gausser tout de même.
De (ma) mémoire, les réactions épidermiques envers le traitement réservé aux femmes dans la publicité remonte à la fameuse campagne de pub pour la crème Babette. Alors qu'elle aurait pu remonter à "Demain, j'enlève le bas", campagne (pour une agence de pub qui tenait ses promesses) ô combien dégradante pour la gent féminine, qu'elle présentait, avec un semblant d'humour, comme de la viande pour queutards.
Mais là, sérieux, vous demander à l'entrée d'un site de commerce en ligne si vous êtes un homme ou une femme, c'est aussi indignant, répugnant et dégradant que de s'enquérir auprès d'un Dominique ou d'une Pascale si c'est "madame" ou "monsieur" !
Ce qui m'embête avec les censeurs(euses) de la liberté d'expression (dans la limite des lois), c'est que je ne comprends pas leur manie de ne pas sauter sur tout ce qui bouge.
Restons dans la publicité.
Quand on vend une bagnole avec un slogan : "Il a la voiture. Il aura la femme",  pas un poil ne bouge - dans mon souvenir, alors que je trouvais cette pub ignoble.
Quand un mec, qui se parfume au Paco Rabanne, claque des doigts pour que la robe de la créature glisse au sol, pas de souci ; on fait claquer des doigts une meuf dans la version féminine du parfum et ça passe.

Quand une femme promet la castration à son mari s'il ne lui offre pas une Cuisinella, aucun aboiement de Chienne de garde.
Quand Zalando réduit la femme à une accumulatrice compulsive de chaussures (j'en connais,beaucoup, j'en ai même une à la maison à qui j'ai fabriqué un grand meuble dédié, NDR), on se tape sur les cuisses, qu'elles soient musclées ou fuselées.



Quant aux récentes publicités 3 Suisses, qui m'envoient, à moi homme, sur une chouette et entrainante musique, le message : "Les femmes ne savent pas quoi se mettre sur le dos, c'est pour ça qu'elles ont plein de fringues", comme ces femmes sont "créatives" et que créer, c'est super positif, pas de problème, pas de sexisme, du tout, du tout.
Rappelez-vous : au final, tout ça, ce n'est que de la pub pour vous vendre un produit. Après, libre à vous d'être assez couillon(ne) pour acheter le produit sur la foi de la réclame.
Voilà pourquoi je trouve la campagne de Rue du commerce assumée. Elle ne vous prend pas pour des con(ne)s ; elle met juste en avant, honnêtement, que vous êtes des coeurs de cible. On ne vend pas la même chose aux hommes qu'aux femmes, aux jeunes qu'aux vieux, aux Indonésiens qu'aux Boliviens...
Mais on vend.

dimanche 14 septembre 2014

dans les pubs, c'est presque comme dans la vraie vie

Aujourd'hui, l'exemple de la publicité "Citroën C1 : la ville est sa vraie nature".



Le mec trouve le moyen d'aller se garer entre les deux seules voitures sur l'immense parking désert. Shit happens ! Il m'est déjà arrivé, sur un parking de supermarché, en dehors d'un horaire d'affluence, de me garer où il n'y avait personne, assez loin de l'entrée de la grande surface, de ressortir et de constater qu'une bagnole était stationnée à côté de la mienne alors que le parking était toujours aussi désert. On appelle ça, paraît-il l'instinct grégaire. Le panurgisme des cons, oui !
Mais surtout, dans cette pub... IL A FAIT COMMENT POUR SORTIR DE SA BAGNOLE ?!

mercredi 3 septembre 2014

la désinformation par l'humour

A ma gauche, une "blagounette" encore bien trop partagée sur les réseaux sociaux et sur Internet en général.
Il est important de bien remplir sa déclaration d’impôts.
A la question : "Avez-vous des personnes à votre charge ?", un citoyen a répondu : "2,1 millions d’immigrés illégaux, 4,4 millions de chômeurs, 900000 criminels répartis dans 85 prisons, 650 crétins au Parlement + la totalité de la Commission européenne."
L’administration lui a renvoyé sa déclaration en disant que sa réponse était inacceptable.
La personne a alors demandé : "Pourquoi, j’ai oublié quelqu’un ?"
A ma droite, la même "blagounette" en VO, parue dans des médias britanniques fin 2012-début 2013.
Here is an example of the importance of accuracy in your tax return.
HMRC has returned the Tax Return of a man in Evesham after he apparently answered one of the questions incorrectly.
In response to the question : "Do you have anyone dependent on you ?" the man wrote : "2.1 million illegal immigrants, 1.1 million crackheads, 4.4 million unemployable Jeremy Kyle scroungers, 900,000 criminals in over 85 prisons, plus 650 idiots in Parliament and the whole of the European Commission."
HMRC stated that the response was unacceptable.
The man's response to HMRC was : "Who did I miss out ?"
La diffusion de cette "blagounette" n'est pas sans rappeler - sans en prendre, pour l'heure, les mêmes proportions -, l'affaire de la rumeur italienne sur la loi proposée par le sénateur Cirenga.
Il suffit pourtant d'un peu de jugeote et d'un moteur de recherche (Google est ton ami, sauf dans certains cas*, NDR) pour constater que cette "blagounette" n'a rien de française.
Déjà, si on n'est pas au courant que la France compte, dans son Parlement, 577 députés et 348 sénateurs, il suffit de taper dans Google "650 députés" pour avoir comme réponse : "Chambre des Communes", qui est une des chambre du Parlement au Royaume-Uni (la rumeur Cirenga faisait état de 422 sénateurs alors qu'il n'y en a que 315 en Italie, NDR).
Vous pouvez ainsi vous "amuser" à vérifier tous les chiffres émis par la VF de la "blagounette". Par exemple, il y a bien 85 établissements pour peine en France, qui compte, néanmoins, 190 "prisons" (source : ministère de la Justice).
Bref, on se rend bien vite compte qu'il ne s'agit pas là de la déclaration d'impôt sur le revenu d'un contribuable français.

Ensuite, notons quelques différences entre la VF et la VO.
Dans la "blagounette" française, le million cent mille d'accros au crack a disparu. Tout comme l'expression "Jeremy Kyle scroungers", critère télévisuel par trop anglophone.
Seules subsistent des références à l'immigration, au chômage, à l'insécurité, aux partis politiques au pouvoir et à la méchante Europe...
Je ne sais pas vous mais moi, ce genre de discours, je sais de quelles bouches il émane. Et à qui peut profiter le crime de la prolifération de la "blagounette" en VF.

(*) A noter que ce genre de désinformation circule surtout sous la forme d'image.
J'y vois deux raisons majeures.
La première est qu'une image est facile à partager sur Internet et sur les réseaux sociaux en particulier.
La seconde est que les moteurs de recherche ne lisent pas le texte contenu dans une image. Il est donc plus difficile de censurer, de référencer, de remonter à la source... Et l'internaute, fainéant de nature, n'aime pas être obligé de retaper du texte (contenu dans une image) pour rechercher une information.
Ceux qui propagent ces désinformations, en revanche, sont très au fait des deux raisons que j'évoque.

mercredi 11 juin 2014

trootball : vous l'avez dans le cul !

J'ai comme la nette impression que le téléspectateur français fan de football est pris pour un pigeon voire une vache à lait - mais ça, c'est pas nouveau.
Preuve en est la diffusion télévisée hexagonale des matches de la Coupe du monde au Brésil, compétition qui débute demain.
Alors que nos voisins (francophones pour certains) d'outre-Quiévrain et helvètes pourront voir tous les matches, gratuitement, respectivement sur les chaînes publiques RTBF (Radio-Télévision belge de la communauté française) et RTS (Radio-Télévision suisse), nous autres, pauvres Français, devront nous contenter de vingt-huit affiches sur la chaîne privée TF1 ; pour voir l'intégralité, il faudra souscrire un abonnement à la chaîne qatarie BeIN Sports.

Autant vous dire, de mon point de vue, qu'entre se taper vingt-huit matches avec Christian Jeanpierre aux commentaires ou filer le moindre centime d'euro au Qatar, le choix est vite fait : le boycott !
Déjà, c'est dans l'air du temps : c'est la misère au Brésil et les fonds publics sont employés à construire des stades, etc.
Et puis, histoire d'enfoncer le clou, voilà qu'une information hallucinante tombe à l'instant sur nos téléscripteurs (ancêtre de "Google News") : les dirigeants de BeIN Sports, co-détenteurs des droits de ce Mondial, refusent de commercialiser des extraits de rencontres. Les journaux télé d'informations vont donc parler du Mondial brésilien sans pouvoir diffuser des images de matches ! Je serais la presse écrite, je m'empresserais de dire merci aux Qataris. Et de les conforter dans leur décision.
Donc, voilà, ça va être facile de boycotter le Mondial au Brésil, de ne pas regarder les matches à la télévision, tout étant fait pour qu'on en arrive là.
Mais pour, moi aussi, pousser le bouchon un peu plus loin, autant boycotter tous les intérêts financiers de cette compétition sportive mondiale. Puisqu'on nous prend pour des vaches à lait, serrons-nous les tétines !
Voilà qui boycotter...
Là, c'est la Fifa (Fédération internationale de football association) qui nous mâche le boulot sur sa page Internet "partenaires" : Adidas, Coca-Cola, Hyundai et Kia, Emirates, Sony, Visa, Budweiser, Castrol, Continental, Johnson n' Johnson, Oi, Yingli, Apex Brasil, Centauro, Garoto, Itaù, Liberty Seguros et Wise up.
Rajoutons, pour faire bonne mesure :
- Nike, qui, sur la photo officielle de l'équipe de France de football, a relégué les joueurs non endossés par leur marque au dernier rang, pour qu'on ne voit pas leurs chaussures ;
- BeIN Sports, bien sûr ;
- TF1, évidemment.
Autant leur foutre un grand coup de pied dans les couilles de leur porte-monnaie : il n'y a que ça que ces enfoirés comprennent !

P.S. (du 13/6/2014) : en Allemagne, les chaînes ZDF (447 sur CanalSat) et ARD/Das Erste (430 sur CanalSat) se partagent, après un procès gagné contre BeIN, la diffusion des matches du Mondial. « Le football est le jeu préféré des pauvres et nous allons leur offrir les matches du Mondial gratuitement... Nous refusons qu’un pays jamais qualifié à la Coupe du monde et avec moins d’un million d’habitants puisse avoir le monopole de la diffusion des matches du Mondial », a indiqué le patron de la ZDF.

jeudi 5 juin 2014

une vraie blonde

Aujourd'hui, au musée Grévin (Paris IXe), l'activiste ukrainienne Yana (source : Femen France) a massacré à coups de pieu la statue de cire de Vladimir Poutine, président de la Fédération de Poutine (source : Huffington Post).
Sauf votre respect, les Femen, quelle belle connerie !
D'abord, Poutine n'est pas un vampire, alors pourquoi un pieu ? Alors qu'il suffisait d'allumer la mèche de l'effigie en cire pour la consumer. Ça, ç'aurait eu de la gueule : un Poutine en feu faisant fondre les autres chefs d'Etat qui l'entourent ! Ça, ç'aurait été une belle image avec un message fort.
Mais, franchement, détruire une statue avec un pieu...
En plus, Yana risque, dites-vous, 50 000 euros d'amende. Pour avoir flingué une bougie !
C'est idiot...
Mais il y a pire : votre message n'est pas passé. Comme d'habitude, pas du tout auprès des hommes : eux se contentent de reluquer vos nibards à l'air, point barre.
Mais en plus, Yana a discrédité elle-même votre lutte.
Je m'explique. Regardez bien cette photo.

L'activiste ukrainienne Femen Yana plante un pieu dans la statue de cire de Vladimir Poutine (photo AFP).
Vous ne remarquez rien ? Un indice : Obama porte bien son pin's au revers gauche du veston et Hollande sa Légion d'honneur itou.
Donc ?.. Oui, la photo est bien à l'endroit. Et ?.. Elle a écrit "KILL PUTIN" à l'envers sur son torse ! Probablement en se regardant dans un miroir parce qu'elle était seule pour cette action.
En plus, elle aurait dû écrire en français "TUER POUTINE", ç'aurait évité les blagues du genre : elle a oublié le "a" de putain.
Donc, dans l'ordre : on voit qu'elle est une blonde bien foutue, puis qu'elle est conne et analphabète. En revanche, le message contre le dictateur Poutine, lui, ne passe absolument pas.
Et puis, finalement, massacrer une statue de cire à coups de pieu, c'est quand même bien ridicule, non ?
Aussi ridicule que ce photomontage...

L'activiste Yana massacre le plat national québécois à coups de pieu (photo D.R.).

vendredi 30 mai 2014

ces Molières qu'on assassine

En continuant ma lecture du Télérama n°3359 (voir papier sur Depardieu), je tombe, page 102, sur l'article d'annonce de la 26e nuit des Molières, qui sera diffusée sur France 2, ce lundi 2 juin, à partir de 22h16 (nous ne nous gausserons point du respect de l'horaire sur la service public, ce n'est pas là le sujet, NDR).
J'y apprends que :
1. cette cérémonie sera présentée par Nicolas Bedos ;
2. "[...] la durée des remerciements (des primés, NDR) est limitée à une grosse minute. Si un artiste ne veut plus lâcher le micro, une musique se déclenchera et s'amplifiera." ;
3. "Le choix de diffusion en léger différé doit aussi permettre quelques coupes franches en cas de « bide noir »."
Commençons par rendre hommage aux nominés en vous suggérant de cliquer sur ce lien - parce que je ne vais tout de même pas plomber ce billet par une liste rebutante alors que d'autres sites le font si bien à ma place et que c'est mon blog, je fais ce que je veux, na !

Le Zeller et les deux Michalik, grands favoris de la 26e nuit des Molières
(affiches D.R.).
On notera, néanmoins, qu'au chapitre théâtre privé, Le Père, de Florian Zeller, et Le Cercle des illusionnistes, d'Alexis Michalik, glanent cinq nominations chacune, le sieur Michalik en récoltant trois de plus avec Le Porteur d'histoire. Côté théâtre public, avec trois nominations chacune, les pièces Invisibles, de Nasser Djemaï, et Paroles gelées, de Jean Bellorini, peuvent espérer quelques statuettes de Jean-Baptiste Poquelin.
Bien, reprenons les trois points dans l'ordre...
1. Que Nicolas Bedos présente la nuit des Molières, pourquoi pas. Après tout, ce ne pourra être pire que le Palmarès du théâtre qu'on nous a infligé l'an dernier, avec les sketches pitoyables du duo Philippe Lellouche et Laurent "directeur de la Maaf" Gamelon - qui, au demeurant, est fort sympathique et, avec ses mimiques à la Bernard Blier, pourtant un foutu bon comédien dans certains registres.
Et puis, après tout, Nicolas Bedos est aussi légitime pour présenter une émission de théâtre que Marie Drucker les Victoires de la musique classique (ces gens-là me semblent être sous contrat avec France Télévisions, j'imagine qu'il faut justifier leurs salaires).
2. Bon, OK, les remerciements sont souvent mal préparés, dits sous le coup de l'émotion, citent une flopée de noms de gens qu'on ne connaît ni d'Eve, ni d'Adam ; bref, c'est chiant et « [...] je demande au théâtre de se serrer la ceinture des remerciements afin que l'émission soit regardable », s'amuse Nicolas Bedos (source : Télérama). Chiant mais indispensable. Si tu ne remercies pas publiquement ceux qui ont cru en toi et donné des brouzoufs, du temps, des idées, du travail, etc. pour que tu montes ton spectacle, la prochaine fois, tu peux limite "go fuck yourself !"
Là, reprenons les cas particuliers de Florian Zeller et d'Alexis Michalik. Imaginons que l'un ou l'autre nous fasse le grand chelem - Florian Zeller pouvant monter sur scène deux fois (pièce + auteur), Alexis Michalik, quatre fois (pièce + auteur + metteur en scène + création visuelle).
Bon, pour Florian Zeller, ça va être plus simple : la première fois, il remercie tout le monde avec un débit de mitraillette et la seconde montée, il dit un simple merci, rajoute un truc qu'il a oublié de dire la première fois et conclut par une phrase bien sentie et très théâtrale.
Pour Alexis Michalik, ça va être plus coton : les deux premières fois, il peut faire comme Zeller ; la troisième, je le connais, il va pousser la chansonnette ; et la quatrième, il va sourire, esquisser un haussement d'épaules signifiant "c'est trop, c'est trop, je ne sais plus que dire", inviter toute sa bande à le rejoindre sur scène et là, patatras, "une musique se déclenchera et s'amplifiera".
Tiens, Nicolas Bedos, c'est cadeau : voilà ce que ça aurait pu donner de te couper la parole après une minute lors de ton interview par Nikos Aliagas sur Europe 1.



Ou alors, Alexis Michalik peut la jouer fine et étaler ses remerciements sur quatre fois une minute ; mais là, il prend un sacré risque.
3. Aaahhhh... Le "léger différé" (cérémonie enregistrée dès 19 heures, diffusion à 22h16 !) pour rythmer une émission de télévision. Très utile aussi pour couper au montage les interventions inopinées d'intermittents du spectacle. Le direct comporte tellement de dangers qu'on peut éviter, n'est-ce pas. A l'origine, je suis déjà totalement contre ce bidouillage qui consiste à masquer la réalité, la vérité au téléspectateur. Mais là, dans ce cas précis de la 26e nuit des Molières, la fête du théâtre, je suis carrément outré !
Le théâtre, contrairement au cinéma et à la majorité des émissions de télévision, c'est le SPECTACLE VIVANT.
Quand on monte sur scène, on se met en danger. Le public en a (sub)conscience. D'aucuns espèrent même l'anicroche pour voir comment les comédiens vont s'en tirer.
L'acteur aussi est averti que tout peut arriver, s'y prépare, maîtrise son sujet. Prévoit l'imprévisible. Le travail est le maître-mot. Il n'y a pas de réalisateur pour hurler : « Coupez ! On la refait... » Ou alors, c'est que c'est prévu dans la mise en scène.
Le théâtre vit avec (et de, parfois,) ses erreurs. C'est humain.
Il se peut que, lundi soir, France 2 tue, une fois de plus (certaines captations de pièces ont, par le passé, été diffusées en léger différé, NDR), le spectacle vivant.
Mais seulement à la télévision, heureusement.

SFR, Orange : tous les coups bas sont permis

Samedi 24 mai 2014, 15h45 : coupure soudaine d'ADSL. A partir de ce moment-là, les coupures sont récurrentes et, les rares fois où je retrouve une connexion, celle-ci s'avère extrêmement lente.
Lundi 26 mai, 10h23 : retrouvant un semblant de bande passante, je réussis à signaler, par mail, l'incident. Le robot SFR accuse réception en m'indiquant que je serai contacté dans les quarante-huit heures.
Mardi 27 mai : bien que ma connexion ADSL soit de nouveau à peu près viable, une personne de SFR m'appelle sur mon téléphone portable (pas con, chez SFR, ils ont compris que ma ligne fixe était en rade !) pour m'assurer de l'ouverture d'un dossier d'incident. Une équipe sera envoyée sur le terrain ; celle-ci m'appellera - le lendemain, mercredi, ou vendredi, jeudi de l'Ascension oblige - sur mon portable pour me prévenir de leur intervention.
Mercredi 28 mai, rien.

(Photos et logos D.R.)
Vendredi 30 mai, 10h13, un SMS de SFR : "SFR box et fibre : un Web Trotter de prêt est disponible à l'espace SFR proche de chez vous. (Chèque de caution nécessaire)." Notons que l'espace SFR le plus près de chez moi, c'est juste quarante bornes aller-retour...
11h10 : plus de connexion ASDL - alors que je suis en train d'envoyer un mail important et urgent !
11h20 : un camion-nacelle s'arrête devant chez moi ; aucun des deux hommes en gilets orange fluo ne m'adresse la parole ; un d'entre-eux bidouille dans un boîtier sur le poteau électrique au coin de ma clôture.
11h30 : fin de "l'intervention", sans un mot à mon égard, les deux techniciens repartent ; toujours pas d'ADSL.
11h56, retour du camion-nacelle ; les deux mecs disent à peine bonjour, rentrent chez moi, bidouillent la prise téléphonique. Les contacts de la prise sont verts : il faudra que JE la change. Ils remplissent un bordereau Orange, me conseillent de passer chez cet opérateur, me spécifient que si ça ne marche toujorus pas après leur intervention, il me faudra contacter SFR et repartent à 12h09.
12h10 : je relance ma SFR Neuf box ; toujours pas d'ADSL.
12h17 : miracle ! Tous les voyants de ma box sont au vert. Je tente une connexion... et, alléluia, je peux mettre ce billet en ligne.

En attendant, SFR a essayé de me refourguer une clé "Web Trotter" et Orange de me faire passer chez eux.
Si c'est pas malheureux...

jeudi 29 mai 2014

the B team

En France, Pôle emploi distingue cinq catégories d'inscrits :
- catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi ;
- catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte - soixante-dix-huit heures ou moins au cours du mois ;
- catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue - plus de soixante-dix-huit heures au cours du mois ;
- catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi - en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie, etc. -, sans emploi ;
- catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi - par exemple, bénéficiaires de contrats aidés.
Il faut noter que le gouvernement, quel qu'il soit, lorsqu'il communique les chiffres du chômage, parle uniquement des inscrits de la catégorie A - les vrais chômeurs, purs et durs, qui ne foutent strictement rien... à part chercher un emploi.
Par exemple, quand un demandeur d'emploi accepte une proposition de client mystère dont le temps de travail est de une ou deux heures par mois, il est reversé dans la catégorie B et n'apparaît donc plus dans les chiffres du chômage communiqués aux médias - qui, je vous l'accorde, savent parfois faire leur boulot pour aller chercher les autres chiffres et les diffuser.
Donc, quand je reçois ce type d'offre dans ma boîte mail...

... je sais qu'on veut juste que je passe en catégorie B afin de faire baisser le taux de chômage "officiel".
En détail, sur le site Internet de Pôle emploi, l'offre "distributeur d'annuaires" :
VOUS SEREZ CHARGE(E) DE LA DISTRIBUTION D'ANNUAIRES TÉLÉPHONIQUES A REMETTRE EN MAIN PROPRE ET DANS LES BOITES AUX LETTRES. VOUS SAVEZ LIRE. VOUS POSSÉDEZ UN VÉHICULE EN ÉTAT DE MARCHE+TEL.PORTABLE . HORAIRES DE TRAVAIL VARIABLES ET ÉVOLUTIFS (DE 6H A 25H HEBDO). CDD D'UNE SEMAINE A 1 MOIS.
Donc CDD d'une semaine à un mois avec un horaire variant de six à vingt-cinq heures hebdo, payé 9,53 euros l'heure (le Smic) + frais de déplacement sur la zone de distribution remboursés. Mais comme Pôle emploi n'est pas à une contradiction près, plus loin, dans l'offre, on lit ceci :
Type de contrat : Contrat à durée déterminée de 7 Jours
Oui, le CDD d'un mois a disparu. A moins que celui d'une semaine soit renouvelé dans les termes de la loi ?

33,01 euros brut : t'es plus chômeur !


La seconde offre, "inventoriste", propose trois heures et demie de travail payé au Smic (9,43 euros/heure), vendredi 13 juin, de 5h30 à 9 heures. Et avec ces trois heures et demie de travail (33,01 euros brut au total, remuons bien la petite cuiller dans la plaie), le chômeur est reversé automatiquement dans la catégorie B.
C'est moi ou bien... ça s'appelle faire baisser artificiellement les chiffres du chômage ?

mercredi 28 mai 2014

les formidables aventures de l'ingénieur en chef de Réseau ferré de France

La semaine dernière, un article du Canard Enchaîné révélait que la SNCF avait commandé des TER trop larges pour entrer en gare, nécessitant de raboter 1300 quais - pour un montant avoisinant les 50 millions d'euros tout de même.
Joint par Le Figaro, Réseau férré de France (RFF) a réfuté toute erreur dans les commandes : « Quand nous avons fait les essais avant 2012, nous avons vu qu'il y aurait des travaux à effectuer sur 1300 quais, pour les adapter à l'évolution du matériel roulant. »
Belle solidarité. Tout cela pour couvrir l'ingénieur en chef de RFF, que nous prénommerons, pour plus de commodité, Régis dans la suite de ce billet fort joliment illustré.

(Photo D.R.)
Régis, l'an dernier, avait conçu les portiques d'arrivée d'étape du Tour de France. Las, à Bastia (Haute-Corse), l'autocar de l'équipe Orica GreenEdge s'est coincé sous ce fameux portique.
« C'était prévu, a dit Régis. Il n'y a qu'à raboter le toit de l'autocar. »

(Photo D.R.)
Régis, en bon ingénieur, a conçu lui-même les plans de sa maison. Mais un problème s'est vite posé quand il a été question d'inaugurer les toilettes en y coulant le premier bronze.
« C'était prévu, a dit Régis. Il n'y a qu'à raboter la cuvette des chiottes. »

(Photo D.R.)
Régis est dernièrement parti en vacances. Mais, à peine à deux kilomètres de chez lui, il a eu un petit problème : le pont du tunnel autoroutier était trop bas.
« C'était prévu, a dit Régis. J'ai juste raboté un peu mon camping-car. »
A noter qu'avant d'exercer la profession d'ingénieur en chef de RFF, Régis était architecte. Parmi ses réalisations, notons une maison individuelle à Vienne (Autriche)...

(Photo D.R.)
... et un immeuble à Mériadeck Bordeaux (Gironde).

(Photo D.R.)

détournement de fonds publics

Lu page 16 du Télérama n°3359 (D.R.).
Les Aventures culinaires de Sarah Wiener, oui. Cuisine des terroirs, même si certaines émissions commencent à dater, oui encore. Mais Depardieu sur Arte, non, non et non !
Pour moi, cela s'apparente à du détournement de fonds publics.
Arte est une chaîne de télévision généraliste franco-allemande de service public à vocation culturelle européenne. Cette chaîne est un GEIE (Groupement européen d’intérêt économique), basé à Strasbourg (Bas-Rhin).
Arte est financée à 95% par la contribution à l'audiovisuel public perçue en France comme en Allemagne. La chaîne ne peut recourir à la publicité mais a la possibilité de développer ses recettes propres, en particulier par la recherche de parrainages (source : Arte). Donc, un financement à 95% par l'argent des contribuables.
Suite à l'élection, en mai 2012, de François Hollande (parti socialiste) comme président de la République française, Gérard Depardieu a opté pour un exil fiscal en Belgique (sources : Le Figaro et L'Express-L'Expansion).
Une première émission culinaire depardiesque était en phase de tournage jusqu'à hier, dans le Finistère, dans le pays de Morlaix (sources : Ouest-France et Le Télégramme).
Le quotidien régional Ouest-France nous apprend que c'est la société "Les films d'ici" qui produit une partie des émissions :
« Nous allons réaliser une série de dix films, explique Laura Briand, de la société de production "Les films d'ici". À chaque fois, ce sera un territoire différent. L'idée c'est de valoriser les produits et les paysages.»
Le Télégramme (quotidien régional basé à Morlaix), quant à lui, ne s'est pas limité à cuisiner Depardieu sur la gastronomie (source : blog des frères Pourcel) :
Les élections européennes ont lieu ce dimanche. C’est un sujet qui vous intéresse ?
Je m’en fous des élections. Moi, je suis européen, bien sûr. Je suis même un citoyen du monde. Mais je déteste les gens qui font de la politique. Ils m’emmerdent. D’ailleurs, je n’ai pas voté. Mais je ne dis pas que c’est pour ça qu’il ne faut pas aller voter.
Et le festival de Cannes, comment vous le jugez ?
C’est un festival qui se débat dans l’inculture et l’ignorance par rapport à tout ce qui se passe dans le monde, comme ces guerres, le fanatisme...
Mais vous étiez sur la Croisette, pourtant, le week-end dernier ?
Oui, pour promouvoir United Passion, un film dans lequel j’incarne Jules Rimet (le fondateur de la Coupe du monde de football, NDR) et aussi Welcome to New York [...]
Pour en revenir à la Bretagne, elle vous plaît cette région ?
[...] Même si vous n’êtes pas aidés par le ministère de l’Agriculture qui promulgue des lois idiotes, la Bretagne a cette spécificité de résister encore.
Ça veut dire que vous avez adhéré au mouvement des bonnets rouges ?
Moi, je suis tous ceux qui sont contre les gouvernements. J’adhère à tous ceux qui gueulent. Voilà !
Edifiant... Il ne vote pas, considère que le Festival de Cannes n'a pas de conscience politique (ah bon !) mais y va quand même pour promouvoir ses films pour qu'ils fassent des entrées et que ça lui rapporte du fric et dénigre la politique. Depardieu n'est pas à une contradiction près.
Bien, revenons à nos moutons (de l'île d'Ouessant où Depardieu n'est pas allé).
J'imagine que Gérard Depardieu ne fait pas cette série gastronomique gratuitement. Je conçois que la société de production "Les films d'ici" le rémunère. Ensuite, cette société facture à Arte ces émissions (de quarante-trois minutes de durée chacune), qui seront diffusées à partir de septembre 2015.
Donc, Arte paye en fonds publics une société de production qui verse un salaire à Depardieu l'exilé fiscal. Voilà ce que j'apparente à du détournement.
Certes, je conçois que Depardieu en tête d'affiche va gonfler l'Audimat d'une émission. Mais, mon Arte adorée, en es-tu vraiment réduite à cela ? Ne peux-tu te contenter de réunir, au maximum, 3,2 millions de spectateurs intelligents (source : Libération) ?
Et puis, une tête d'affiche, est-ce nécessaire ? C'est toi, Arte, qui m'a fait découvrir et aimer Sarah Wiener - certes, je craque toujours quand une femme me parle en français avec un accent germanique (Romy Schneider, Marthe Keller, Claudia Schiffer, Franka Potente, Nena, ...). Sarah Wiener qui a, désormais et grâce à toi, sa petite notoriété hexagonale.
Alors, je t'en supplie, Arte, PAS DEPARDIEU !

jeudi 22 mai 2014

Eduardo et le traité transatlantique



Cette publicité Tropicana m'a toujours paru d'une absurdité évidente - comme nombre de pubs, il faut bien le concéder.
Celle-ci, en particulier, met en scène un prénommé Eduardo, visiblement arboriculteur de son état (à moins que ce ne soit un acteur), qui cultive, depuis quinze années, des oranges à jus pour la société Tropicana.
On voit Eduardo vaquer dans son verger au petit matin (ce que laisse penser la lumière rasante du soleil), au milieu des orangers chargés de fruits que des cueilleurs récoltent.
Bon, on ne s'arrêtera pas sur le fait que, normalement, c'est plutôt Bill le patron et Eduardo, l'émigré illégal ouvrier saisonnier...

Captures d'écran de la publicité Tropicana (D.R.).
On sent qu'il les aime fièrement, Eduardo, ses orangers, qui produisent de magnifiques agrumes, gorgés de jus et de soleil - d'ailleurs, Eduardo n'hésite pas à scalper une orange au hasard pour montrer comment qu'elle dégouline de jus qu'il est bon. Et que ses oranges sont un produit exceptionnel.

« Quel con cet Eduardo ! »

Changement de décor : un petit-déjeuner en famille sur la terrasse ensoleillée où il fait bon vivre que c'est le bonheur parfait. Et là, Eduardo, producteur d'orange, qu'est-ce qu'il fait ? Il sert à son fils un verre de jus d'oranges Tropicana. Alors qu'il y a des oranges fraîches (grosses comme des pamplemousses) sur la table et, qu'à deux pas, dans le verger, il y a des tonnes d'agrumes à presser !

Captures d'écran de la publicité Tropicana (D.R.).
Et là, je me dis : « Non mais quel con cet Eduardo ! Boire du jus d'oranges sorti du frigo alors qu'il a la chance inouïe de pouvoir, chaque matin, se presser un jus de sa production propre. »
On l'aura compris, le but de cette piteuse mise en scène est de délivrer le message : "Eduardo trouve que Tropicana, c'est bon puisque les oranges viennent de chez lui." Ah bon ? Eduardo, es-tu sûr que le Tropicana que tu as acheté en grande surface est fabriqué avec TES oranges ? Est-ce spécifié sur l'emballage ?
Bref, sans doute aucun, l'argument publicitaire est : Tropicana, c'est tellement délicieux, que même un "orangiculteur" se fait pas chier à faire son propre jus.

Le TAFTA : un tissu de conneries*

Maintenant, imaginez un accord commercial, signé par des politiques, qui obligerait Eduardo à boire du Tropicana. Une "loi" qui ferait que, un beau matin, Eduardo va cueillir des oranges, les presse et, alors qu'il s'apprête à boire ce nectar, un "flic" arrive, jette le verre à terre avec grand fracas et colle une amende à Eduardo pour "buvage de jus d'oranges interdit".
Plus encore. Imaginez que vous avez un cerisier dans votre jardin. Les merles ont laissé quelques burlats sur les branches et vous allez vous en délecter (des cerises, pas des merles ! Quoique...). Mais là, paf ! Un "flic" arrive et vous colle une amende pour concurrence déloyale envers les producteurs nord-américains d'airelles.
En exagérant immodérément, c'est là la finalité du traité transatlantique TAFTA (Trans-Atlantic Free Trade Agreement), que s'apprête à ratifier (ou pas, on espère) le prochain Parlement européen dont les membres sont élus ce dimanche 25 mai 2014 (date de l'élection en France).
Mais l'affaire est plus complexe. Les détracteurs du TAFTA sont considérés comme des anti-Europe. Pour vous faire une idée objective, n'hésitez pas à compulser ces liens :
Médiapart (Cécile Monnier)
Le Monde diplomatique (Lori M. Wallach)
Libération (Henri Weber)
... et à vous rappeler que GETA (Google est ton ami) bien qu'il ne faille pas croire tout ce que vous lisez sur Internet (ici compris).

(*) intertitre uniquement destiné à aérer le texte et à favoriser la SEO (optimisation pour les moteurs de recherche) avec un jeu de mots.

mercredi 21 mai 2014

un bricoleur vraiment occasionnel

Avis d'un internaute trouvé sur le site de Leroy-Merlin.


Ma question : en quoi est-il nécessaire de prévoir une sous-couche d'accrochage ? Pour mettre l'auge en élément décoratif au mur ?

mardi 13 mai 2014

le top des mecs qu'il faudrait pendre par les couilles jusqu'à ce qu'ils se dessèchent

1. L'inventeur du petit Caddie pour enfant


Photo non contractuelle D.R.
Bon, je comprends l'argument - enfin, je l'imagine (sexiste) : les petites filles aiment jouer à la marchande, les petits garçons ont l'impression de conduire un bolide. Et puis, en mettant à portée de leurs mains d'enfants de moins d'un mètre vingt des articles qui peuvent les fasciner, les mômes remplissent leur petit Caddie de trucs que les parents finissent par acheter sous peine d'une grosse crise de colère honteuse à la caisse.
Mais putain de bordel ! Le mec qui a inventé ces petits Caddies de mes deux, je le condamne à vie à se faire fracasser les genoux et les couilles ! Les mômes foncent avec leur petit chariot à la con, te rentrent dedans, hurlent... Déjà qu'on avait les vieux qui bouchent les allées en discutant avec d'autres vieux qu'ils n'ont pas vu depuis leurs dernières courses ! Et en plus, comme il y a dû y avoir des accidents - des mètres 80 qui n'ont pas vu venir le petit bolide, par exemple -, cet enfoiré d'inventeur a eu l'idée de munir le petit Caddie d'une espèce de drapeau dur sur tige en métal, histoire de crever un oeil en plus de casser les couilles.

2. Les concepteurs du jeu Fifa 14 (et Fifa 13 aussi, il paraît)




Tu aimes le foot ? Tu as envie de ressentir tout ce qu'a subi Rémi Garde (entraîneur de l'Olympique Lyonnais, NDR) pendant cette saison 2013-2014 ? Tu veux exploser ton matos à force d'être énervé par des décisions arbitrales toujours contre ton équipe ? Ou encore "reseter" une partie huit fois ? Sans compter les multiples bugs du jeu, les plantages réguliers, etc. Fifa 14 est fait pour toi. En revanche, il est fait par des gougnafiers qui seraient plus inspirés de sortir un jeu parfait tous les trois à cinq ans plutôt qu'une merde de trootball chaque année (deux quand il y a la Coupe du monde). Mais bon, tant que les gens achètent, ça se vend, hein...

3. Ceux qui décident de mettre du gravillon sur les routes l'été


Photo D.R.
Il paraît que, à l'approche de l'été, les gestionnaires du stock de gravillon se rendent compte qu'il reste des gros tas inutilisés et que s'ils veulent en avoir autant l'année suivante, il faut l'utiliser, sinon ils en auraient moins et ça pourrait manquer. Mais on n'y échappe pas : chaque été, dans toute la France, on s'éclate le pare-brise grâce à des gravillons qui ne servent à rien et surtout grâce aux cons qui roulent à plus de 50 km/h. Manquerait plus que ces "gestionnaires du gravillon" touchent des pots de vin de chez Carglass !

4. Le compositeur-parolier de la chanson anniversaire chez Buffalo Grill


Vous êtes peinard, assis dans un box chez Buffalo Grill, à déguster vos steaks de bison et d'autruche, quand, soudain...
Dans le même panier, j'ajoute le sagouin qui a eu la délicieuse idée de fabriquer une poupée qui chante A la volette (vidéo ci-dessous) et l'inventeur de la pile alcaline longue durée, l'abruti qui a inventé la pelle à tarte musicale qui serine Happy Birthday to you dès que tu la prends en main (en plus, ce n'est absolument pas ergonomique, NDR) et tous les enfoirés de leur race qui offrent un de ces articles à une gamine à Noël ou à un adulte pour son anniversaire.



(à suivre)

jeudi 8 mai 2014

Fleury Michon nous prendrait-il pour des jambons ?

En ce pas joli mois de mai 2014, Fleury Michon remet le couvert de son "jambon recette authentique", avec une publicité à laquelle il est difficile d'échapper sur le petit écran. Et à laquelle il est difficile de croire.



Comme c'est authentique, on nous sort la traditionnelle vitrine du début du XXe siècle (1905 est la date précisée par la pub), puis un homme, que nous identifions comme un chef cuisinier (avec le logo "Fleury Michon" brodé sur la veste blanche de cuistot), vaque dans une cuisine type restaurant à l'hygiène irréprochable en nous expliquant pourquoi qu'il est si bon, depuis plus d'un siècle, le jambon Fleury Michon.
Cet homme, c'est Laurent Marko, chef cuisinier recherche et développement chez Fleury Michon.
Verbatim de son discours : "En 1905, chez Fleury Michon, on prenait le temps de cuire lentement notre jambon dans un bouillon. C'est comme ça qu'on faisait le meilleur jambon charcutier. Et c'est toujours comme ça que l'on fait pour notre recette authentique. On le cuit lentement, dans un bouillon qui a du goût, riche en aromates, avec de bons légumes. Quand une recette est bonne, il n'y a pas de raison d'en changer."
Bon, hé, le coup de la tradition, avec la façade antique, la cuisine nickel et le jambon d'un seul bloc tranché manuellement, faut pas nous le faire : on est pas chez mon charcutier mais chez un géant de l'agro-alimentaire.
D'abord, la soi-disant boutique où est fabriqué le jambon nous est présentée ainsi...

Capture d'écran publicité Fleury Michon (D.R.).
... alors qu'en définitive, Fleury Michon, à Tilloy-lez-Cambrai (Nord), c'est plutôt de ce genre-là.

Document D.R.
Bref, c'est une usine, pas la boutique "vintage" de mon boucher-charcutier-volailler-tripier-traiteur.
Une recette forcément différente de celle de 1905
Ensuite, la pub tente de nous faire gober que notre jambon tout flotteux qu'on achète en barquette plastique au rayon frais du supermarché, il est fait dans une belle cuisine, un faitout par jambon, avec des bons légumes, que des cuistots cisèlent amoureusement.

Captures d'écran publicité Fleury Michon (D.R.).
Moui... Il faut déjà savoir qu'un jambon cuit est forcément réalisé à l'aide de plusieurs morceaux de jambons, de porcs différents, donc. C'est bien sous forme de pièces découpées (ci-dessous) que la viande arrive à l'usine Fleury Michon.

Photo La Voix du Nord.
Et là, le clou du spectacle : un jambon d'une seule pièce, que l'on passe manuellement à la trancheuse, le cuistot déposant délicatement chaque tranche sur une feuille de papier charcutier.

Captures d'écran publicité Fleury Michon (D.R.).
Alors là, comment vous dire ?.. Faisons comme saint Thomas : les deux photos ci-dessous vous aideront à comprendre.

Photo La Voix du Nord.
Ce premier cliché, ce sont des jambons "entubés", ce qui est, concédons-le, bien plus pratique pour enfiler dans l'orifice de la trancheuse industrielle - au passage, vous imaginez la taille du "faitout" pour faire cuire une telle pièce.

Photo Ouest France.
Cette seconde prise de vue, c'est la bécane qui dépose précautionneusement les tranches de jambon dans la barquette plastique thermoformée.
Bon, j'avoue, si on filmait les chaînes de l'usine agro-alimentaire pour vendre du jambon, ce serait beaucoup moins attrayant. Et puis, ça se trouve, même fabriqué industriellement, il est peut-être bon ce Fleury Michon recette authentique...
Authentique ? Vraiment ? Retrouvons Laurent "quand une recette est bonne, il n'y a pas de raison d'en changer" Marko dans ce reportage (diffusé sur France 5, la chaîne qui fait peur, chaque dimanche soir, avec ses enquêtes consommation) sur les méfaits du sel.



C'est pas moi qui le dit, c'est Laurent Marko ! Pour compenser le retrait de l'excès de sel dans la nourriture, on ajoute d'autres ingrédients pour donner du goût. Comme en 1905...

mardi 15 avril 2014

Jésus revient...

... mais on ne sait pas bien quand et en plus, ses disciples sont à la bourre.


Tract trouvé dans ma boîte aux lettres, mardi 15 avril 2014 au matin.
Ce qui est un peu tard afin de répondre à une invitation lancée pour la veille.

mercredi 2 avril 2014

L'ajustement, c'est maintenant !

Franchement, je ne comprends pas ce remaniement ministériel : Manuel Valls, Premier ministre, fait entrer deux nouvelles têtes (dont cette bonne vieille Ségolène Royal, à la barbe des écologistes, évincés de Valls 1, grâce, notamment, à cette saloperie d'arriviste de Cécile Duflot), opère un léger jeu de chaises musicales, conserve "l'ennemie" Christiane Taubira comme garde des Sceaux - et si c'est là le fait du prince Hollande, je lui en rends grâce, la Guyanaise étant une femme courageuse, droite (malgré le petit quiproquo sur les écoutes de Sarkozy) et populaire.
Non, je ne le comprends pas. J'y vois là un ajustement, avec, tout de même, deux autres enseignements majeurs.
Stéphane Le Foll, proche de Hollande, conserve son maroquin à l'Agriculture et devient porte-parole du Gouvernement. C'est un bel homme, posé, qui plaît même à ma mère, qui est pourtant de droite.
En revanche, ma mère ne supportait pas Najet Vallaud-Belkacem, « hautaine et agressive » (c'est sûr que, désormais, la communication gouvernementale risque d'être plus lisse, NDR). Elle aussi - belle au demeurant - conserve son ministère des Droits de la femme. Avec adjonction de la Ville, de la Jeunesse et des Sports.
Euh... Vous pouvez m'expliquer le rapport ? Ou alors ce nouveau grand ministère est un fourre-tout des trucs dont on n'a rien à foutre ? Certes, supputons qu'il y aura de nombreux ministres délégués et secrétaires d'Etat pour délayer le fourbi. La concomitance Ville et J&S, OK, pourquoi pas. Mais femme-Ville et femme-J&S, franchement, là, je suis dans le brouillard.
Finalement, cet ajustement gouvernemental aura probablement pour conséquence les boulets rouges que vont s'empresser de balancer Copé et consorts. On entend déjà le baigneur de la piscine de Takieddine balancer que « François Hollande n'a pas entendu les Français, qui se sont exprimés dans les urnes des municipales et demandaient davantage de changements ».

mardi 1 avril 2014

Mon voisin, le pauvre...

Comme par hasard, au lendemain de l'indéniable percée du Front national aux élections municipales, circule de nouveau, sur les réseaux sociaux, ce document mensonger (capture d'écran ci-dessous), une incitation, de fait, à la haine, à la xénophobie rageuse.

Tout cela n'est que pure propagande et il est aisé de comprendre d'où ce malfaisant comparatif provient. Et de démolir cette argumentation comme l'a si bien fait Gégé de Radiossa, relayé par HornedGod, ici.
Et puis, allons, un peu de bon sens : comment pouvez-vous croire un seul instant que quelqu'un qui n'a pas de travail touche plus d'argent que quelqu'un qui bosse ?
Et c'est là qu'intervient mon voisin.
Pas mon voisin retraité, qui possède sa maison mais est obligé de vendre du bois et de faire des petits boulots pour arrondir ses fins de mois.
Pas mes voisins qui, avec leur encore trois mômes, cinq chiens, deux chats et autres perruches, vivent dans un des trois pavillons HLM de mon bled - lui étant chauffeur-livreur et elle, chômeuse, fabriquant de petits meubles très laids dans un abri de jardin.
Non.
Ceux dont je veux vous parler, c'est ce couple qui vit maritalement. Lui est au chômage. Elle, cinq jours sur sept - et, parfois, le samedi -, fait les 3x8 pour un SMIC mensuel, à une demi-heure de route de leur maison en location.
A l'origine, ils avaient tous les deux un boulot de smicard et se sont installés dans mon bled parce que ça les mettait, chacun, à peu près à mi-distance de leurs lieux de travail respectifs.
Puis, par la faute de la crise (elle a bon dos, NDR), il a perdu son emploi. Indemnisé par les Assedic puis Pôle-emploi pendant deux ans, cela fait maintenant presque trois ans qu'il ne touche plus rien et ne trouve pas davantage de boulot. En plus, il a des problèmes de santé et est proche de la cinquantaine : ça noircit un peu plus le tableau.

155,41 euros/mois pour "vivre"

Mon voisin, lui, ce que gagnent les autres, il s'en fout. Il n'est pas du genre envieux. Il veut juste de quoi vivre, mettre un toit au-dessus de sa tête, manger, de temps en temps se faire des merguez au barbecue l'été et avoir chaud l'hiver... Et il sait bien que ce n'est pas en critiquant un autre pauvre que ça l'enrichira. Et puis, il refuse d'être assisté parce qu'après, l'artisan du bout de la rue le traiterait de fainéant qui profite du système et ça, mon voisin, il ne le supporterait pas : il a sa dignité.
De toute façon, mon voisin, à part l'allocation logement, il n'a droit à rien. Parce que sa concubine travaille et gagne le SMIC.
Alors, le remaniement ministériel, la nomination de Valls, la défaite cuisante des socialistes aux municipales, la poussée du FN, tout ça, ça lui passe un peu au-dessus de la tête. De toute façon, on vit dans un bled, alors la politique, vous savez : ici, on vote pour des gens qu'on connaît, qu'on aime bien, qu'on sait compétents pour diriger la commune. Et de toute façon, mon voisin, il n'a pas été voter : ça aurait servi à quoi ? Le résultat aurait été le même.
Bon, après, s'il ne vote pas, il ferme sa gueule, va objecter l'artisan du bout de la rue. C'est ce qu'il fait. A peine se plaint-il qu'on va encore augmenter le prix du gaz de 7,5% d'ici 2016 au nom de la taxe carbone (c'est pas grave, il mangera froid, NDR). Sinon, il ne demande rien à personne.
C'est moi qui suis allé lui demander un truc.
Et il a bien voulu que j'établisse le tableau de son cas particulier (ci-dessous, cliquez dessus pour mieux ne pas en croire vos yeux) avec les chiffres qu'il pouvait me fournir.

Voilà. Moi, je me demande bien comment on peut vivre avec, à la louche, 150 euros par mois. Lui, non. Il survit, continue au quotidien à chercher du boulot et espère. Rien qu'un SMIC de plus à la maison et ce serait le bonheur. Forcément, quand on a rien...

mercredi 26 mars 2014

Municipales 2014 : les vraies questions

Certes, ne le nions pas, cet entre-deux tours des municipales 2014 est largement dominé par le score du Front national et autres mouvances d'extrême droite (la Ligue du Sud de Jacques Bompard, par exemple) établi dimanche 23 mars. Lundi, la France s'est réveillée, révélée, découverte bleue tirant sur le marine.
A côté de ce nouveau 21 avril 2002, la bataille de Paris fait bien pâle figure et semble n'intéresser que les Parisiens.
Autre enseignement de ce scrutin : l'abstention - avec cette particularité que, selon des analystes très pointus, même le Front national n'a pas fait le plein de ses voix ! Inouï.
Au final, ce premier tour a été un cinglant désaveu pour le gouvernement (qui porte encore l'étiquette de) écolo-socialiste de François Hollande.
Mais j'ai beau zapper, zapper et rezapper sur les chaînes de télévision, les radios, etc., je n'ai pas encore trouvé une once de réponse à trois questions qui s'imposent après ce premier tour de scrutin municipal.

1. Un remaniement ministériel, pour quoi faire ?

Chaque fois que le pouvoir en place perd une élection, on y a le droit. C'est comme les journaux de presse écrite à la rentrée scolaire de septembre : faut tout changer, quitte à paumer le lectorat qui a ses habitudes et perdre des lecteurs qui ne s'y retrouvent plus. On change la forme mais pas le fond : ce sont juste les mêmes infos, rangées autrement.
En matière de gouvernement, à quoi sert un tel jeu de chaises musicales ? Si le ministre était mauvais à son poste, il fallait le dégager avant ! Et qu'est-ce qui me dit qu'il sera meilleur dans un autre ministère ? Et qu'est-ce qui me prouve que le nouveau sera plus compétent ? En définitive, les mêmes têtes, ailleurs, et d'anciennes têtes de retour.
Si ce gouvernement supposé de gauche n'a pas le courage politique de mener une réforme profonde de notre société, nous mettre Untel Premier ministre à la place de Telautre et redistribuer les maroquins est totalement vain. Un cautère sur une jambe de bois.
Perdu pour perdu, au lieu d'attendre la prochaine échéance présidentielle ou législative en serrant les genoux, autant mener une politique ambitieuse, nous foutre dans la merde profondément pour nous en sortir lentement (j'imagine) mais nous relever durablement. Prendre des mesures à long terme, en les expliquant bien : peut-être que les électeurs ne sont pas si cons que cela et laisseront le temps au temps, au lieu de survivre avec des mesurettes que l'on sait périssables.
Quand j'étais môme, à l'école, en matière d'économie, on apprenait qu'il y avait trois secteurs : le primaire - l'agriculture qui nourrit un pays -, le secondaire - l'industrie qui fabrique des produits manufacturés et permet aux ouvriers de vivre (certes, parfois chichement) de leur salaire - et le tertiaire - les services, les administrations, le putain de télémarketing qui fait chier sa race.
Où en sommes-nous aujourd'hui ? En simplifiant...
L'agriculture : les paysans produisent à perte mais survivent grâce aux subventions européennes (je schématise). Pendant ce temps-là, qui s'en fout plein les fouilles en profitant du travail harassant des paysans et du fric européen ? Les grandes surfaces dont le seul but est de faire du chiffre.
L'industrie : pas assez rentable en France, on délocalise là où les ouvriers sont moins payés et ferment leurs gueules (quoique, en Asie, ça commence à ruer dans les brancards). Le but ? Faire du chiffre pour rémunérer les actionnaires. L'investissement ? Euh... Mais où avez-vous vu qu'un pays, où les chômeurs sans le sou ne peuvent se payer les produits qu'ils fabriquaient jadis mais qui sont faits ailleurs désormais, est viable économiquement ? La suprême ironie étant que, dans les pays où les industries délocalisent, les ouvriers n'ont pas les moyens de se payer ce qu'ils fabriquent !
Les services : on a l'impression qu'il n'y a plus que ça en France - quoique ça délocalise aussi sévère dans le tertiaire privé. Moi, à l'école, j'ai appris qu'un pays qui "vivait" principalement du tertiaire, ça s'appelait un pays sous-développé - on dit "émergent", maintenant, ça fait moins pauvre.
Bref, tout cela entraîne un appauvrissement des populations, des flux migratoires, de la xénophobie dans les pays vers lesquels se dirigent ces flux, la montée du racisme et des partis nationalistes.
Le maître-mot est de remettre tout dans des proportions acceptables : autoriser des profits raisonnables, inciter à l'investissement sur le territoire national, réindustrialiser la France, permettre in fine au Smicard de se payer, parfois, du rêve et, chaque année, des vacances bien méritées. Le tout en ne tuant pas notre planète.
Putain, ça fait du boulot ! Mais j'ai jamais dit que ce serait facile.

2. Des listes élues à 100% des suffrages : personne ne tique ?

La nouveauté des municipales 2014, c'est la loi électorale, qui imposait aux communes de plus de 1000 habitants un scrutin de liste avec parité homme-femme (pour la parité noir-blanc, homo-hétéro, riche-pauvre, etc. va falloir encore attendre un peu).
A voté ! (copyright Le Tampographe Sardon)
Sachant que, en moyenne, dans les communes rurales, 40% des conseillers municipaux ne sont pas repartis et, qu'en plus, dans celles qui dépassaient à peine le seuil des 1000, il fallait, au minimum, huit hommes et sept femmes, je ne vous dis pas le casse-tête. Nombre d'électeurs n'avaient le choix qu'entre une liste et... rien. Et comme la loi électorale stipule qu'il suffit, dans ce type de commune, d'un seul et unique suffrage exprimé pour valider l'élection municipale, le grand rendez-vous civique a tourné au référendum local.
Le choix était donc réduit à : 1. s'abstenir 2. voter pour l'unique liste 3. voter non-exprimé (nul, blanc, enveloppe vide).
Au décompte final, seuls les bulletins exprimés comptent et on a vu tomber comme à Gravelotte, dimanche soir, des scores à 100%. Mieux que le référendum en Crimée (seulement 96,6%) !
Vous trouvez ça très démocratique, vous ?
Vous ne pensez pas que ça favorise l'abstention, vous, ce genre de non-choix ?
Il faudrait revoir la copie de cette nouvelle loi électorale. A minima, passer la barre des 1000 à 2500.
Même s'il restera toujours des exceptions, comme cette ville de plus de 10000 habitants dans laquelle une liste ne s'est pas montée faute de femmes. Ou comme ce village de la Marne, de 289 électeurs, non soumis à la parité, dans lequel, sur les trois candidats au premier tour, seuls deux ont été élus ; il faudra, au pire, sept élus de plus et, au mieux, neuf, au second tour, pour constituer un conseil municipal, sachant que ça ne se bouscule pas au portillon des candidatures.

3. Conseillers communautaires : on vote, vous êtes sûrs ?

Une autre nouveauté des municipales 2014 était que l'électeur désignait ses représentants au conseil communautaire. Un peu comme aux Etats-Unis d'Amérique où on vous fait un grand paquet, contenant le Président du pays jusqu'au shérif de sa ville.
On désigne, vous êtes sûrs ? En fait, de nouveau un référendum : dans les communes de plus de 1000 habitants, avec scrutin de liste, qui n'ont qu'un représentant au conseil communautaire, le candidat était forcément la tête de liste et futur maire (à moins de coup de théâtre lors de l'élection du maire et des adjoints, ça s'est déjà produit). C'est donc un candidat imposé ; on donne son aval... ou pas. Et si on raturait le candidat (ou la candidate, plus rarement), tout le bulletin, sur lequel se trouvait aussi la liste pour le conseil municipal, devenait nul (vote non exprimé).
Quelle poudre aux yeux. Nous faire croire qu'on choisit.
Le vrai choix aurait été qu'on puisse voter pour tous les représentants au conseil communautaire, avec des listes politisées ou non, qu'on aurait pu panacher (bon, OK, bonjour le bordel du dépouillement).
Je m'explique.
Prenons le cas d'une communauté de 78 (au hasard) communes dont le conseil est composé de 119 membres (presque au hasard). Au conseil communautaire, quand il s'agit de prendre des décisions, la majorité absolue est donc, algébriquement, de 60.
Il s'avère que la ville principale de cette communauté a 26 sièges. Que sa banlieue, deuxième ville, en a 9. Que d'autres communes, historiquement dans la première communauté, totalisent 20 sièges. Cela nous fait 55 à bouffer au même râtelier depuis quelques années.
Maintenant, que pèsent les treize communes qui ont rejoint récemment cette communauté, avec leurs 13 voix face à l'armada de 55 ? Pas grand chose. Il est plus facile de trouver 5 sympathisants que 47 quand il s'agira de refiler la gestion de l'eau à une entreprise privée, qui quadruplera le prix du mètre cube.
Le vrai choix, pour l'électeur, aurait été de voter pour une liste de conseillers communautaires avec un programme ad-hoc pour les 78 communes.

lundi 17 mars 2014

Fouette Cochet !

Yves Cochet et les voitures polluantes (photos D.R.).
Ce midi, j'ai entendu Yves Cochet (Europe écologie - Les Verts), ex-ministre de l'Aménagement du territoire et de l'Environnement (juillet 2001-mai 2002), réclamer une augmentation des taxes sur le diesel au prétexte que ce sont les véhicules qui roulent au gazole qui polluent et tuent des gens.
Voyons un peu comment concevoir un raisonnement qui mènerait à une telle décision.
En augmentant les taxes, le prix du litre de gazole grimpe, se rapproche du prix du litre de super sans plomb et cela inciterait donc les automobilistes à acheter des voitures à essence plutôt que des véhicules diesel - des bagnoles, soit dit en passant, qui coûtent déjà plus chères à l'achat que des caisses à essence.
Donc, on règle le problème de pollution en prenant du fric à l'automobiliste, qui a soudain une prise de conscience au porte-monnaie.
Ce même automobiliste à qui on serine, depuis des lustres, d'acheter un diesel parce que c'est mieux qu'une essence. Qui, malgré le tarif des véhicules diesel et la réduction de l'amplitude de prix entre un litre de gazole et un litre de super sans plomb (une fausse idée répandue, voir tableau ci-dessous), continue - embobiné qu'il est par le commercial de sa concession (le mec qui t'appelle tous les trois ans, au mois de novembre, parce qu'il veut te refourguer une caisse neuve pour faire son chiffre, NDR) - d'acheter un diesel plutôt qu'une essence parce que, s'il fait tant de kilomètres par an (quoique, chaque année, ce kilométrage "rentable" soit chaque fois revu à la hausse par cet enfoiré de commercial de la concession auto, NDR), c'est plus rentable même si le litre de gazole est à 1,30, 1,35, 1,50...

(Source : http://france-inflation.com/graph_super.php)
Yves Cochet pense donc que si on augmente le prix du diesel à la pompe, les gens vont acheter des voitures essence (et si non, de toute façon, ça fera toujours des sous de plus dans le budget de l'Etat, NDR).
Aparté : tout comme les ministres de la Santé successifs font croire qu'augmenter le prix du tabac permet une baisse significative du nombre de fumeurs et, par ricochet, de cancers tabagiques. On y a cru. Alors qu'en définitive, c'est une alternative, moins chère pour le fumeur, proposée à la place du tabac, qui a fait baisser la consommation de cigarettes : la e-clope.
Seulement voilà. Je sais compter - surtout ce que je n'ai plus dans la poche - et ne suis pas le seul.
D'un baril de pétrole brut, nos raffineries françaises extraient 27% de gazole et 22% d'essence.
Pour l'essence, c'est bon, on en a tellement qu'on l'exporte - j'ai même entendu quelque part que si l'automobiliste pouvait acheter du super au prix où il est exporté, il verrait son pouvoir d'achat faire un putain de bond.
En revanche, pour le diesel, on est obligé d'importer (de l'ordre de) 30% de la consommation française.
Voici venir, alors, la solution alternative que je propose au problème de pollution mortelle soulevé par Yves Cochet : puisqu'on produit trop d'essence, gardons-la, baissons le prix du super à la pompe, mettons-le au même niveau que le prix du diesel voire en-dessous. Les automobilistes se sentiront doublement incités : c'est moins cher et ça pollue moins !
Ah, bien sûr, les constructeurs d'automobiles vendront moins de véhicules diesel, feront moins de chiffre. Le lobby ne sera pas content du tout... Mais ce n'est pas grave, on leur fait confiance pour augmenter le prix des véhicules essence.
Ah évidemment, les caisses de l'Etat vont moins se remplir de taxes sur le carburant... Mais faut savoir ! Les politiques veulent nous sauver d'une mort affreuse par asphyxie ou se remplir les fouilles comme des enfoirés de capitalistes ?
En attendant, cher Yves Cochet, tant que cela me coûtera trois fois plus cher de prendre le train que ma bagnole, je continuerai d'aller à Paris en diesel. Désolé : ma conscience écologique a pour frontière mon compte en banque.

Sources : http://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/structuration-des-prix-de-l-essence-et-du-gazole-france
http://www.linternaute.com/science/environnement/comment/06/raffinerie/raffinerie.shtml
http://prixdubaril.com/news-petrole/4270-france-la-forte-hausse-des-carburants-ne-sortira-pas-raffinage-crise.html
http://www.usinenouvelle.com/article/le-probleme-des-raffineries-francaises.N126811

mercredi 12 mars 2014

Bon sang, Marty !

Non, non, il n'y a pas d'erreur : le survol de la commune s'est bien effectué du 24 au 15 mars...

... comme le prouve cette photo absolument pas truquée (en tout cas, si elle l'est, le montage est drôlement bien fait, NDR) : c'était bien un hélicoptère DeLorean DMC-12 qui était chargé de l'opération.

P.S. : bon sang, Marty ! Nous sommes le 12 mars : comment est-ce possible d'avoir déjà une photo d'un survol qui commencera le 24 pour se terminer le 15 ?

samedi 8 mars 2014

Parité, poil aux nénés !

En cette Journée mondiale de la femme, reprenons la plume virtuelle pour évoquer un sujet d'actualité brulante : la loi sur la parité en politique.
Quelle foutaise !
Déjà, cette parité ne s'applique qu'aux communes de plus de mille habitants : mesdames, si vous voulez être l'égale des hommes, n'allez pas vivre dans un bled paumé.
Ensuite, c'est une parité subjective puisque conçue pour l'imparité : les conseils municipaux se composent, en effet, d'un nombre impair de membres, afin d'éviter les conflits en cas de partage égal des voix lors des votes en séance (sauf que s'il y a autant de votes pour que contre plus un nombre impair d'abstentions, c'est la merde, NDR). Donc, qui dit impair dit un homme - ou une femme mais c'est bien plus rare - de plus sur la liste. Ce qui implique que, en toute logique mathématique, cette parité des sexes n'en est pas une !
Bon, cessons de finasser et passons aux travaux pratiques, avec des informations de sources sûres issues directement du terrain des municipales 2014 - enfin, dans mon département provincial, assez rural mais dont une sous-préfecture est toujours prise comme test national par les instituts de sondages.
Postulat : pourquoi voter une loi
pour obliger à un truc
qui devrait s'imposer de bon sens ?
Si les femmes voulaient s'impliquer davantage dans la vie politique, elle le ferait. Bon, vous allez me dire : "Les hommes les en empêchent." Cela me semble un raisonnement technocratique tout droit venu des instances de la capitale, déconnectées des réalités de terrain de la France profonde. Mais il y a du vrai. Si on rend cette affirmation plus positive, la transformant en : "Les hommes les y autorisent."
Dans mon département, je connais le maire (depuis 1995) d'une commune de sept cents habitants (donc non soumise à la loi sur la parité en politique, NDR), qui n'a pas eu de problème pour composer sa liste en alternant huit femmes et sept hommes. Parce qu'il a eu la volonté, depuis ses débuts comme premier magistrat, de respecter une parité en allant à la pêche aux candidates, en confiant bien souvent les rênes de la commune à sa compétente première adjointe, en privilégiant la représentation de tous ses hameaux dans l'assemblée municipale. Une volonté politique. De bon sens. Cependant, cette commune reste un cas unique dans mon département de résidence.
Car, pour ces municipales 2014, nombre de villages et villes se heurtent à deux écueils : la pénurie de vocations combinée au manque de femmes voulant s'impliquer dans la gestion de la commune.
Rien que pour le premier tour, il manquera des candidats dans dix-sept communes, qu'il faudra trouver pour le 30 mars.
Quant à la parité obligatoire dans les communes de plus de mille habitants, elle a fait des ravages, aussi bien en campagne que dans les agglomérations.
Pour commencer, dans certains conseils municipaux composés d'onze mâles et de quatre femelles (gros maximum trouvé lors des précédentes municipales, NDR), le maire sortant a été obligé de dire "merci à trois d'entre-vous d'avoir levé la main pour voter les décisions pendant six ans mais maintenant, vous dégagez, parce qu'il faut que je trouve trois meufs à votre place et ça va pas être coton !" Résultat des courses : une seule liste en présence dans nombre de communes, la liste concurrente s'étant heurtée au même problème de chercher la femme. Bonjour la démocratie ! Les électeurs réduits à voter pour ou contre, point barre.
Parité : pas chez les moins de 1000,
pas au sein du conseil municipal
Et après ? Au sein du conseil municipal, parité respectée ? Non, pas obligatoire. Ce n'est pas parce que Mmes Machin et Bidule sont deuxième et quatrième de liste qu'elles seront respectivement première et troisième adjointes. Polop, polop. Des bonnes femmes, d'accord mais leur filer des responsabilités avec les indemnités afférentes, faut pas pousser.
Sauf dans cette commune de mille soixante habitants, pas très loin de celle évoquée plus haut où la parité est strictement respectée : le maire - qui est soit un con (et donc ne mérite pas d'être à la tête de la commune, NDR), soit un enfoiré fini - a dit à deux de ses adjoints qu'ils ne le seraient plus car la loi l'obligeait à donner les postes à deux femmes. Au final, un des adjoints ne se représente pas et l'autre accepte cette décision avec rancoeur.
En conclusion, je citerai cette phrase d'un de mes anciens patrons, en l'an 2000 : "L'égalité des sexes sera une réalité quand une femme incompétente occupera un poste ministériel d'importance", affirmait-il, avant d'ajouter, malicieusement : "C'est fait : Guigou est garde des Sceaux."
Depuis, on a eu Roselyne Bachelot, Nadine Morano...